SNDE : Un projet de liquidation raté

SNDE : Un projet de liquidation raté

Les employés de la Société nationale de développement de l’élevage (SNDE) n’ont pas touché leurs salaires depuis le mois de janvier dernier. C’est une réalité amère qui ne semble pas déranger « qui de droit ». En effet, 140 personnes, donc 140 ménages, traversent une véritable crise à cause d’un laisser-aller général dont les responsables ne sont autres que le ministère de l’Agriculture, de Mohand Laenser (tuteur de la SNDE) et celui des Finances, de Fathallah Oualalou, argentier du Royaume. Le 26 décembre dernier, les syndicats des travailleurs de la SNDE ont signé une convention collective avec leur administration.
Le but étant de dédommager les travailleurs en vue de liquider définitivement la SNDE. « Selon les termes de cet accord, les 140 employés de la société bénéficieront des mêmes indemnisations prévues pour les travailleurs de la Sodea et de la Sogeta », assure Abderrazak Houssaini, ingénieur agronome à la SNDE et membre du Syndicat démocratique de l’agriculture (SDA-FDT).
En effet, la signature de cette convention a redonné de l’espoir aux employés de la SNDE qui vivent dans une précarité totale depuis septembre 2002, date à laquelle le ministre de l’Agriculture de l’époque, Moulay Ismaïl Alaoui, a décidé d’entamer une procédure de liquidation de la SNDE et de ses filiales régionales. Ces dernières sont au nombre de cinq et sont situées à Settat, Benslimane, Khémisset et Lhajeb.
Depuis la signature de la convention du 26 décembre 2003, l’espoir des employés s’est transformé en amertume. Le dossier des indemnisations des travailleurs de la SNDE semble jeté aux calendes grecques. « Nous sombrons dans l’anarchie totale, ne sachant plus si nous sommes toujours considérés comme des employés ou pas », explique Abderrazak Houssaini. Pourtant, la solution est simple: indemniser les travailleurs pour que chacun puisse refaire sa vie ailleurs. Et la direction de la SNDE? En fait, cette dernière ne fait pas grand-chose pour débloquer la situation. Et pour cause, la SNDE n’a pas de revenus propres, contrairement à ses filiales. Elle reçoit, chaque année, son budget du ministère de l’Agriculture.
Le département des Finances, quant à lui, exerce un contrôle a priori sur toutes les décisions financières de la SNDE. Il faut noter que le statut de cette société et de ses filiales est unique au Maroc. Ces dernières fonctionnent sous le mode de l’autogestion, c’est-à-dire financièrement indépendantes de leur société-mère.
En clair, la direction de la SNDE n’a pas de fonds propre pour indemniser les travailleurs et fermer boutique. Il n’en reste pas moins qu’elle jouit d’un pouvoir considérable pour faire pression sur les ministères concernés.
La balle est désormais dans le camp de Mohand Laenser et Fathallah Oualalou. Ils devraient bientôt signer une énième convention avec la direction de la SNDE. En vertu de cet accord, ils débloqueront une enveloppe pour que la direction de la SNDE liquide, une fois pour toutes, cette affaire qui n’a que trop duré.
Autre problème, celui des noyaux génétiques. En effet, la mission de la SNDE a consisté, depuis sa création, à l’amélioration génétique des espèces locales, notamment la « Timahdit » pour les ovins et le « Oulmès » pour les bovins. Sur les cinq filiales de la SNDE, deux seulement devraient être sauvegardées. Trois options sont avancées. Premièrement, transférer les noyaux génétiques à la Sogeta, mais bizarrement, personne ne parle plus de ce transfert. Deuxièmement, maintenir ces noyaux sous la responsabilité de la SNDE, ou d’une nouvelle entité à créer. Et enfin, diriger le cheptel vers l’abattage.
Cette dernière option, défendue par certains responsables, est incontestablement la plus grave. Car cela signifierait que le gouvernement veut sacrifier et condamner trente ans de recherche.

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