Sommet arabe : Un bilan mitigé

Après deux jours de travaux, le sommet de la Ligue des Etats Arabes s’est achevé jeudi à Beyrouth, par l’adoption d’un plan dans lequel il propose à Israël une paix globale en échange de son retrait total des territoires arabes occupés en 1967 et d’une solution au problème des réfugiés palestiniens.
En fait, c’est la proposition du prince Abdallah qui est devenue une initiative arabe. Cela alors que les Palestiniens mettaient en garde les dirigeants arabes sur une réoccupation imminente de Ramallah, quartier général du chef de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat. Ce dernier avait été empêché mercredi par le Liban de s’adresser directement par satellite au sommet, ce qui avait eu pour effet de provoquer le retrait de la délégation palestinienne -qui est revenue jeudi .
Une mini-crise à laquelle était venu s’ajouter l’appel du président syrien Bachar Al Assad à la rupture des relations avec Israël jusqu’à la réalisation de la paix, tout en légitimant les attaques qui font des victimes parmi les Israéliens. Le plan de paix arabe demande «le retrait total (d’Israël) des territoires arabes occupés, y compris le Golan syrien jusqu’aux lignes du 4 juin 1967, et les territoires toujours occupés au Liban sud». Il demande aussi «un règlement juste du problème des réfugiés palestiniens conformément à la résolution 194 de l’Assemblée générale de l’ONU» et réclame «l’acceptation de la création d’un Etat indépendant sur les territoires palestiniens occupés depuis 1967 en Cisjordanie et dans la bande de Ghaza, avec pour capitale Al-Qods-Est». «En contrepartie, les Etats arabes entreprendront ce qui suit : «Ils considèreront le conflit israélo-arabe comme terminé et concluront un accord de paix avec Israël qui assurera la sécurité à tous les Etats de la région. Ils établiront des relations normales avec Israël dans le cadre d’une paix globale».
Le sommet appelle «le gouvernement et tous les Israéliens à accepter l’initiative arabe pour protéger les chances de la paix, arrêter l’effusion de sang et permettre aux pays arabes et à Israël de vivre en paix, côte à côte ». Selon le texte du communiqué intitulé «Déclaration de Beyrouth», le sommet a décidé de former un comité ad hoc pour entreprendre les démarches nécessaires afin d’obtenir le soutien notamment du «Conseil de Sécurité de l’ONU et des Etats-Unis» à cette initiative.
Ouvert mercredi en l’absence de Yasser Arafat, le président de l’Autorité palestinienne, du président égyptien Hosni Moubarak et le roi Abdallah II de Jordanie, le sommet a «catégoriquement refusé» toute frappe contre l’Irak, manifestant ainsi un ferme soutien à Baghdad après un rapprochement spectaculaire avec les pays arabes du Golfe, illustré jeudi par une accolade, devant les caméras, entre le prince héritier saoudien Abdallah Ben Abdelaziz et le «numéro deux» irakien Ezzat Ibrahim devant les caméras.
A cet égard, le communiqué final salue «l’engagement de l’Irak à respecter l’indépendance et la sécurité du Koweït» et à éviter «une répétition» de l’invasion irakienne du Koweït en 1990. Baghdad a, de son côté, obtenu l’inclusion d’une clause dans la déclaration finale du sommet aux termes de laquelle «toute attaque contre un pays arabe, y compris l’Irak, menacera la stabilité régionale».

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