Son agresseur le défigure, il le tue

Mardi 28 octobre, Nouredine se tient au banc des accusés. Il attend la sentence qui sera prononcée contre lui. Les premiers indices de son dossier remontent au mois de juillet 2001 à Hay Massira (2), dans la région de Témara. Ce jour-là, une rixe violente opposa Noureddine à Mohamed, deux voisins, dans un café du coin, à cause d’une altercation banale suscitée par un échange de propos injurieux. Ce dernier, âgé de 30 ans, eut facilement le dessus sur son adversaire mineur, et finit par lui infliger une lésion grave au visage à l’aide d’un objet tranchant. Noureddine se retrouve avec une difformité faciale qui allait constituer une source de complexes, lui qui se vantait de son charme masculin auprès de ses conquêtes féminines. Depuis, à mesure que le temps passait, le mineur défiguré semblait accepter son sort tant bien que mal, alors qu’en réalité, il couvait une vengeance farouche nourrie par une haine indélébile. Une année passa depuis le tragique accrochage sans que Noureddine ait manifesté le moindre signe d’animosité à l’égard de son agresseur. Cependant, il se décide d’entamer une requête judiciaire le 30 juillet 2002, certificat médical à l’appui, pour se faire dédommager de son infirmité, apparemment irréparable. N’ayant rien vu venir, il renonça à ses démarches judiciaires, faisant contre mauvaise fortune bon coeur. D’ailleurs les voisins des protagonistes devaient bien remarquer l’apaisement de la tension entre les deux ennemis, naguère amis. Noureddine et Mohamed paraissaient avoir renoncé à toute agressivité. Ce n’était qu’un leurre et pour cause. Le mineur au visage mal arrangé souffrait toujours des séquelles de sa difformité, laquelle se faisait amèrement ressentir au fil des jours. Jamais il ne pardonnera à son bourreau de lui avoir marqué le visage d’une malformation hideuse.Et, le 31 mars, Noureddine va se résoudre une bonne fois pour toutes à en finir avec le responsable de ses malheurs. Cela dit, vers 22h00, rue Mellilia, à Hay Massira II, Mohamed est sorti de chez lui après l’appel de la prière pour faire des emplettes et voir quelques amis comme à l’accoutumée. Or, il ne savait pas qu’il avait rendez-vous avec la mort. Noureddine le guettait depuis longtemps en vue de lui régler son compte et assouvir enfin sa vengeance, assez longtemps refoulée. Pris au dépourvu dans un coin des plus sombres, le mineur ulcéré le frappa d’un coup de couteau qui rata sa cible. Dans l’effervescence de la bagarre, Mohamed se démena comme un fou afin de parer aux lacérations de son jeune voisin, surgi de nulle part comme par enchantement. Toutefois, malgré ses efforts démentiels, Noureddine parvint à lui asséner un deuxième coup fatal au ventre qui le fit s’écrouler par terre. La mort finira par l’emporter dans ce guet-apens, préparé de longue date. Il sera transporté à la morgue quelque temps après pour subir une autopsie qui révélera des déchirures mortelles au niveau de l’estomac. Mardi dernier, la chambre criminelle près la cour d’appel de Rabat a prononcé son verdict contre l’assassin mineur, qui a été inculpé pour meurtre avec préméditation. Dix ans de prison ferme est la peine que Noureddine aura à purger pour le crime qu’il avait commis dans un accès de vengeance aveugle.

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