Souk El-Had : Une effervescence au quotidien

Souk El-Had : Une effervescence au quotidien

C’est la Chebakia, mélange de plusieurs ingrédients, frite à l’huile et trempée dans le miel tiède, qui accapare la part du lion des gâteaux exposés au Souk, à des prix variant entre 30 et 50 DH le kg.

Avec l’avènement du Ramadan Souk El-Had connaît un engouement particulier des visiteurs et des clients pour mieux s’approvisionner et bénéficier des prix négociables proposés par les marchands, en fonction du pouvoir d’achat de chaque ménage. Ce mois est marqué par une grande fièvre acheteuse.

Poumon économique de la ville d’Agadir, Souk El-Had connaît une dynamique particulière durant la semaine qui précède le mois sacré devenu aujourd’hui un rendez-vous tant attendu par les commerçants pour remplir leurs caisses. Durant cette période, le Souk, considéré comme étant le plus grand marché urbain en Afrique et qui s’étale sur plus de 11 hectares, enregistre une affluence exceptionnelle. Une dizaine de milliers de ménages marocains attachés à leurs traditions culinaires s’y rendent souvent pour s’approvisionner en denrées alimentaires et épices nécessaires pour préparer les délices et plats ramadanesques qui garnissent la table du ftour avec une variété de délices.

L’abondance des fruits et légumes est impressionnante, la fraîcheur, les couleurs ainsi que l’envie de satisfaire la famille incitent à l’achat. Les prix sont en principe fixes, mais la voie reste libre pour les négocier avec le vendeur, qui avance toujours que sa marge de bénéfice est très limitée.  Cette année, l’offre est variée, les étals des différents magasins sont bien achalandés en produits divers. Les dattes, très convoitées lors de ce mois-ci, sont exposées en différentes variétés, «Boufakous», «Lefgouss», «Majhoul», en plus des dattes importées de différents pays arabes, notamment de Tunisie. Les prix sont, dans l’ensemble, à la portée de toutes les bourses, et commencent à 15 DH/kg. Les marchands exposent également les amandes, les noix, les fruits secs. «Tout se passe bien, l’activité est plus intense que pendant le reste de l’année, les Soussis viennent en masse pour faire leurs emplettes. Les prix sont abordables et conviennent à toutes les bourses, l’essentiel c’est que tout le monde passe un bon Ramadan», souligne ce commerçant à Souk El-Had.

La pâtisserie marocaine traditionnelle est également incontournable dans le Souk qui ouvre ses portes tous les jours, sauf le lundi. C’est la Chebakia, mélange de plusieurs ingrédients, frite à l’huile et trempée dans le miel tiède, qui accapare la part du lion des gâteaux exposés au Souk, à des prix variant entre 30 et 50 DH le kg. De nombreuses femmes préfèrent acheter des friandises déjà prêtes à la consommation pour économiser du temps et de l’énergie.

Sur place, beaucoup de marchands occasionnels investissent les lieux, notamment des femmes, qui ont trouvé en Ramadan une opportunité pour échapper à des  conditions de vie précaire, et ce à travers le petit commerce du Batboute, Msemen, Harcha, et Maloui, et qui attirent une clientèle importante par la bonne qualité de leurs produits.

Le visiteur du marché du Souk El-Had est interpellé par les voix des jeunes vendeurs saisonniers qui s’adonnent à la vente de jus de plusieurs fruits, notamment celui des oranges, pour réaliser un gain important puisque la demande est très grande.

Les feuilles de Pastilla qui rentrent dans la préparation de nombreuses recettes comme celle éponyme, les Briouates ou les Cigares et bien d’autres recettes de la cuisine marocaine, sont très sollicitées durant cette période. Ces feuilles sont préparées sur place par de jeunes hommes et sont vendues 25 DH le kilo. Il faut attendre une dizaine de minutes pour pouvoir obtenir sa part en la matière.

Le poisson est également très présent au Souk lors de cette période et connaît une forte demande. Des sardines (12 DH/kg) aux courbines (90 DH/kg), une symphonie de couleurs et d’espaces est exposée pour répondre à tous les besoins. Les magasins des ustensiles de cuisine ne sont pas en reste, ils sont pris d’assaut par une clientèle constituée essentiellement de femmes qui prennent soin des moindres détails de la famille. Très à cheval sur les traditions et coutumes, les femmes marocaines mettent les petits plats dans les grands pour satisfaire toutes les papilles de la famille réunie autour des repas ramadanesques. Les préparatifs commencent plusieurs semaines avant le mois sacré pour l’accueillir dans les règles de l’art.«C’est à moi de préparer les repas du Ramadan, notamment le ftour, qui comporte plusieurs plats sucrés et salés, et qui est un moment de partage et de convivialité», fait remarquer Amina, une femme au foyer et mère de deux enfants. A Agadir, comme dans le reste du Royaume, le mois du jeûne est synonyme de très grandes dépenses alimentaires, les consommateurs ne semblent pas pouvoir résister aux tentations gourmandes, de quoi rendre la facture gonflée. Avec ce changement du mode de la consommation, les dépenses alimentaires sont les plus élevées de toute l’année.

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