Statut quo

Quel serait, selon vous, l’impact d’une édition marocaine du quotidien “Le Monde” sur la presse marocaine ?
La presse nationale n’étant pas dans une période faste, il serait difficile d’être compétitif avec un concurrent aussi coriace que “Le Monde”. Cela, je pense qu’il ne fait pas avoir de préjugé négatif sur le principe sous-jacent à cette initiative. Quant à son impact sur le marché, tout dépendra du comportement réel du journal sur le terrain. “Le Monde” aura certainement un plus large lectorat et générera plus de bénéfices en ventes. Mais l’expérience, notamment des journaux arabes comme Acharq Al-Awsat a bien démontré ses limites. Tout en enrichissant le paysage de presse écrite par de nouvelles approches et méthodes de travail, un journal étranger ne peut nullement se substituer au produit journalistique marocain.

Le Monde prévoit également l’installation d’une régie publicitaire. N’y voyez-vous pas une menace quant aux recettes publicitaires des journaux marocains?
“Le Monde” aura certes une marge du marché. Ceci aussi bien en termes de lectorat qu’au niveau de la publicité. Mais de là, à avoir le monopole de ce marché, cela est inconcevable. L’avènement de l’édition «locale » du quotidien français est pour moi l’expression de la transition par laquelle le paysage médiatique marocain passe. C’est-à-dire que le temps maintenant est donné aux grands groupes de presse qui sont capables de hisser la qualité du produit journalistique et de fournir les moyens nécessaires pour une presse professionnelle. Il n’y a plus de place au « bricolage » qui caractérise actuellement plus d’une publication nationale. Les adeptes de ces méthodes ne tarderont pas à se briser.

Qu’adviendra-t-il des entreprises de presse locale dans ce cas ?
Il existe deux hypothèses à cet égard. La première est que cette logique de compétitivité et de loi du plus fort essuierait les petites structures au profit des grands groupes. Ce qui n’est pas pour demain. La deuxième, celle à laquelle j’aurais tendance à adhérer, serait que rien de palpable ne se produise. Ce ne sera ni plus ni moins qu’un quotidien qui viendrait s’ajouter à d’autres dans un paysage déjà en souffrance, à défaut d’un large lectorat.

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