Taxis : les maux et le service

Presque à 15 heures et demie, devant la station des taxis blancs à destination de Hay Mohammadi, près du Marché Central, et Bernoussi, au centre-ville, les premiers clients arrivent. Une interminable queue d’hommes et de femmes, semble languir. Plus le temps passe, plus, au lieu de diminuer, la file se rallonge. Indubitablement, la raison réside dans la divergence des horaires du travail pendant ce mois de Ramadan. En fait, il y a ceux qui en finissent avec une journée de dur labeur à 15 heures tapantes. D’autres ne terminent qu’à quinze heures trente exactement. Sans parler de ceux qui filent à l’anglaise bien avant l’heure et ceux qui préfèrent quitter à seize heures pour arriver juste au moment de la rupture du jeûne. Ces facteurs en plus de la fati- gue de la fin de la journée du Ramadan rendent insupportable l’attente des taxis qui deviennent de plus en plus rares. Les trajets longs et complètement encombrés, en ces heures de pointe, complètent le reste. Dès qu’un taxi se pointe, un soulagement collectif détend les six premiers visages crispés et énervés de la file. Cependant, une fois l’ordre habituel n’est pas respecté, la foule déchaînée avance. La véhémence s’empare de tous. Une vraie pagaille où s’étiole tout respect pour enfants et vieillards. Et où la galanterie à l’égard de l’autre sexe n’a plus lieu d’être. En ces moments, il faut faire usage de ses muscles et batailler pour pouvoir arriver chez soi avant la rupture du jeûne. Les moins forts doivent attendre que le taxi fasse l’aller-retour. Et bonjour la fatigue, sous toutes ses formes, sans parler du temps perdu, notamment pour les femmes qui ont autres choses à préparer chez elles. Quant à l’engin blanc, communément et non sans raison baptisé par l’ensemble des Casablancais «la vache folle», force est de constater qu’il a tout de cet animal enragé, ayant défrayé la chronique ces derniers temps, notamment en Europe. En fait, pour la majorité des cas, il s’agit d’une carcasse à quatre roues, ni plus ni moins, sans aucun confort pour les clients ni encore la sécurité pour eux et pour les autres. Sous l’effet de la pression du temps, rupture du jeûne oblige, ils ne se permettent pas de rechigner devant ce dont ils disposent. S’ajoute à cet état de choses l’excès de vitesse. Pas de minutes à perdre. Car le temps c’est de l’argent, dit-on. Au diable donc la sécurité des usagers de ce moyen de transport. « C’est vraiment fatigant, insupportable, mais on n’a pas à choisir », déplore M.A de Hay Mohammadi. Avis partagé par la majorité des usagers qui frôlent la mort au quotidien, qui en sont conscients et qui ne s’en passent pas pourtant.

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