Terrorisme : al Qaïda délaisse l’Algérie pour frapper au Sahel

Al Qaïda semble avoir changé de stratégie et de terrain en Afrique du Nord, délaissant le nord de l’Algérie pour concentrer ses attentats, enlèvements et embuscades plus au sud dans le Sahel. Pour la première fois depuis près de vingt ans et le début de la guerre ayant opposé l’armée gouvernementale aux insurgés islamistes, l’Algérie est pratiquement épargnée par la violence. En cinq mois, on n’a enregistré qu’un seul attentat d’importance sur le territoire algérien, ce qui ne signifie pas, aux yeux de spécialistes, qu’Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) ait subi une défaite irréversible. L’organisation a semble-t-il choisi de déplacer le champ de ses opérations au Sahel, cette vaste zone désertique s’étendant à la fois sur l’Algérie, le Mali, la Mauritanie et le Niger.
Pour Liess Boukraa, directeur-adjoint du Centre africain d’études et de recherches sur le terrorisme, financé par l’Union africaine, «il n’y a plus d’Al Qaïda au Maghreb islamique. Il existe ce que j’appelle Al Qaïda au Sahel islamique».Cette présence accrue d’Al Qaïda au Sahel préoccupe de plus en plus les chancelleries occidentales, qui doivent déjà s’inquiéter des sanctuaires dont dispose l’organisation au Yémen et en Somalie. L’immensité de la région et la porosité des frontières rendent incertaine l’action des gouvernements concernés, qui manquent d’hommes et d’équipement pour sécuriser une zone riche en pétrole, en gaz et uranium et autres ressources fortement convoitées par les compagnies internationales.

Lamine Chikhi (Reuters)

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