Tests ADN pour Abu Fadi

Tests ADN pour Abu Fadi

Une délégation du CCDH (Conseil consultatif des droits de l’Homme) se trouvait hier, dimanche 28 mai 2006, près du barrage Mansour Addahbi (région de Ouarzazate) pour les besoins de prélèvements d’ADN sur la dépouille de Abou Fadi, l’un des plus célèbres détenus morts en détention. Selon une source au CCDH, la délégation, dirigée par Abbas Bouderka, a effectué lesdits prélèvements en présence de la sœur et du frère d’Abou Fadi, Abbas Ben Ahmed Al Marrakchi de son vrai nom. Ces derniers sont installés en Allemagne et au Liban.
Samedi 27 mai 2006, la même délégation, accompagnée du président du Forum Vérité et Justice (FVJ), s’était rendue, pour les mêmes motifs, à Agdez (région de Zagora) où avait été localisée la tombe de Belkacem Ouezzane comme l’avait dévoilé l’IER (Instance Equité et Réconciliation) en octobre 2005. Selon une source ayant participé à cette délégation, les résultats des tests ADN (sur la base des prélèvements effectués généralement sur la dentition des dépouilles) seront connus au plus tard vers la fin du mois d’août prochain. C’est une mesure, précise la même source, susceptible d’aider les familles des détenus décédés à faire leur deuil après des dizaines d’années d’incertitude.
Abou Fadi, dont le CCDH a fini par élucider l’énigme en avril dernier, était considéré comme un ressortissant libanais ou palestinien. Or, il s’agit bel et bien de Abbas Ben Ahmed Al Marrakchi, né au Liban en 1950 de père marocain et de mère libanaise. Porteur d’un passeport marocain et travaillant pour une entreprise saoudienne, son titre de voyage a été retenu, vers 1975, par son employeur saoudien. Un malheureux concours de circonstances a voulu qu’il soit enlevé près d’un hôtel de la capitale où il résidait avant de faire le tour de plusieurs centres secrets de détention : Après l’amnistie de 1991, Abbas Ben Ahmed Al Marrakchi a été transféré dans un centre près du barrage Mansour Addahbi où il trouvera la mort le 23 juillet 1992.
Belkacem Ouezzane, lui, a été arrêté le 17 avril 1973 à la frontière algéro-marocaine pour être transféré au centre de détention de l’aéroport d’Anfa à Casablanca (Corbis) puis à Derb Moulay Chérif. Le tribunal permanent des FAR de Kénitra ordonnera sa relaxe le 30 août 1973.
Il est porté disparu dès ce même jour et sa famille se verra même délivrer, en 1987 un certificat de décès. Belkacem Ouezzane, selon les conclusions de la commission de suivi de l’IER est mort en 1977 à Agdez. Sa famille en avait été finalement informée, de manière officielle à Figuig, par une délégation de l’IER en octobre 2005.
Abou Fadi et Belkacem Ouezzane faisaient partie des 66 cas qu’il restait à l’IER d’élucider et qui ont fait l’objet de recommandations spécifiques. Les prélèvements pour les tests ADN se font en présence des autorités religieuses, du procureur général ou de son représentant, d’un médecin légiste et des représentants des familles concernées.

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