Textile et aquaculture : les deux leviers de l’économie

Textile et aquaculture : les deux leviers de l’économie

André Azoulay milite pour une économie marocaine plus compétitive. C’est ce qui ressort des derniers déplacements du Conseiller de SM le Roi qui s’inscrivent dans cette perspective. Intervenant lors de l’ouverture des travaux des Journées nationales de l’Aquaculture, organisées, les 22 et 23 octobre à Rabat, par le ministère des Pêches Maritimes, M. Azoulay a déclaré que « la place déterminante des industries de la pêche dans l’économie marocaine et les exceptionnels atouts de notre espace maritime imposent au Maroc de prendre en compte avec volontarisme et ambition le développement d’une aquaculture nationale qui aura à terme à rééquilibrer et à compléter l’exploitation de nos stocks halieutiques traditionnels ». Et de rappeler que la production aquacole dans le monde était passée de moins de 5% de l’offre mondiale de poissons et crustacés en 1970 à près de 30 % aujourd’hui, soulignant qu’il était désormais établi que les besoins en alimentation d’origine marine ne pourront, à terme, être satisfaits par les seuls stocks halieutiques traditionnels dont on connaît maintenant les limites d’exploitation dans tous les grands pays producteurs. « Ce constat qui, dans le monde entier, s’appuie sur une réalité biologique désormais avérée, doit également être mis en perspective avec l’augmentation exponentielle de la consommation de poissons », a ajouté le Conseiller de SM le Roi, en relevant que la conjonction de ces deux facteurs était suffisamment incitative pour que le Maroc se positionne sur l’échiquier halieutique mondial, en tirant le meilleur profit de son potentiel et de son expertise aquacole. Parmi les atouts dont dispose le Maroc, M. Azoulay a cité en premier lieu l’exceptionnelle qualité des équipes de chercheurs et d’experts qui, depuis des années, travaillent avec succès sur ce secteur, dans le cadre notamment de l’Institut national de Recherche halieutique (INRH), en concertation et en collaboration avec d’autres institutions comme le Centre de Recherche et de Télédétection Spatiale (CRTS). « Avec l’expérience accumulée par ces équipes, la qualité des partenariats scientifiques qu’elles ont su bâtir et pérenniser dans le monde, le Maroc riche d’un espace maritime de 3.500 km et d’une tradition profondément ancrée dans l’industrie du poisson, peut aujourd’hui prétendre avec réalisme, à l’émergence d’une industrie aquacole économiquement rentable et biologiquement stable », a déclaré le Conseiller de Sa Majesté le Roi. Cet objectif nécessite la mise en plan d’un environnement institutionnel, sanitaire, juridique, financier et fiscal adapté à la spécificité de ce secteur qui devra, lui-même, être intégré au schéma global d’aménagement de notre littoral, a rappelé M. Azoulay. Il a, à cet égard, insisté sur la nécessité pour le Maroc de se doter de tout l’arsenal des mesures scientifiques et légales qui lui permettront de se prémunir des risques et des effets négatifs, liés notamment aux espèces génétiquement modifiées. « Grâce à la coopération internationale et en particulier au partenariat mis en place avec la FAO, ces processus et ces phénomènes sont aujourd’hui largement maîtrisés et connus, et le Maroc, riche de ses caractéristiques physiques, peut prétendre au développement d’une aquaculture label bio qui apportera sur les marchés internationaux une offre marocaine spécifique, privilégiant la qualité et la sécurité alimentaires», a-t-il estimé pour conclure. Autre déplacement, autre cause défendue par le Conseiller de SM le Roi. Celle du secteur du textile, si précieux pour l’économie nationale, mais qui est longtemps resté à l’abandon, avant qu’une prise de conscience sur la nécessité de sa mise à niveau ne se fasse sentir. S’exprimant, vendredi dernier à Marrakech, à la clôture de la rencontre internationale du textile-habillement, placée sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI et initiée par l’Association Marocaine des Industries du Textile et de l’Habillement (AMITH), sous le thème: « Nouveau cap pour une industrie créative », M. Azoulay a salué cette mutation. En passant d’une « logique dominante de sous-traitance à une stratégie industrielle et commerciale privilégiant l’acquisition de valeur ajoutée créative, offensive et identifiée au produit et au patrimoine Maroc, l’industrie nationale du textile et de l’habillement se donne les meilleurs moyens d’assurer sa pérennité et son développement », a-t-il affirmé, saluant « la maturité et la lucidité » de l’AMITH et mettant en perspective la place déterminante qu’occupe ce secteur dans la réalité économique et sociale du paysage industriel au Maroc. « Premier employeur industriel avec plus de 200.000 emplois et exportateur décisif pour notre balance commerciale avec près de trois milliards de dollars en 2002, ce secteur doit mobiliser toute notre attention et la meilleure de nos énergies pour passer le cap des échéances qui s’annoncent à moyen terme », a souligné le Conseiller de SM le Roi. « Véritable laboratoire de notre parc industriel, le produit textile Maroc sera notamment confronté dans les deux années à venir à l’abolition des quotas en 2005, à l’abaissement des barrières douanières, à l’émergence en Europe de concurrents à moindre coût, notamment les PECOS, et à la puissance conquérante de la Chine qui se veut l’usine du monde dans toute la chaîne du textile et du vêtement », a-t-il estimé. Et d’ajouter que dans « cette compétition implacable, le Maroc avait sa place ». Pour lui, l’histoire du Maroc, la qualité de ses ressources humaines, son enracinement culturel qui lui procure une source infinie d’inspiration et sa proximité avec l’Europe, l’Afrique et le monde arabe lui donnent l’avantage du favori pour gagner le pari du partenaire, le plus proche, celui que l’on préfère affectivement et culturellement avant même de décider rationnellement. Dans cet esprit, le Conseiller de SM le Roi a salué la proposition faite au cours de cette rencontre d’institutionnaliser la démarche du « Maroc Top of Mind » qui fait que c’est une identité et une marque spécifique qui viennent en premier à l’esprit que l’on propose ou que l’on veut promouvoir un produit. « Pourquoi nous priver de cet atout décisif là où la mondialisation a fait du textile un village mondial où les faibles et les anonymes auront de plus en plus de mal à se faire leur place », a poursuivi Azoulay en rappelant que dans l’architecture, la décoration, la musique, l’agroalimentaire, « la marque Maroc et l’identité culturelle mise au service de nos produits ou de nos services avaient su nous ouvrir de nouveaux marchés et susciter d’autres partenariats ». Pour que l’on pense Maroc, que l’on choisisse le Maroc et que l’on préfère le Maroc, notre compétitivité et notre pérennité dans le secteur du textile et de l’habillement passent aussi désormais par l’identité et la créativité que nous saurons apporter à notre production et dans ce défi, nous pourrons partir parmi les favoris, car dans l’autre course, celle du prix le plus bas, c’est ailleurs que le marché risque de trouver son mètre-étalon, a conclu le Conseiller de SM le Roi. Cette rencontre à laquelle ont pris part quelque 600 acteurs du secteur et leurs partenaires publics et privés nationaux et étrangers, a été marquée notamment par un défilé de jeunes stylistes marocains qui ont présenté leurs dernières créations.

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