Thami Khyari crie à la désinformation

Mercredi, un communiqué de la primature rappelait les grévistes à l’ordre, les invitant à prendre en compte «les limites dans le cadre desquelles doit s’inscrire l’action revendicative». Le communiqué émanant des services du Premier ministre, dont un haut responsable avait rencontré des représentants des grévistes la veille, estimait que «la majorité des revendications urgentes» des enseignants chercheurs en médecine, en pharmacie et en chirurgie dentaire «ont été satisfaites» et que le maintien de la grève «va à l’encontre de l’esprit de dialogue, d’ouverture et des signaux concrets manifestés par le gouvernement dans un court laps de temps».
Vendredi, le ministre de la Santé, Thami Khyari, qui avait été en quelque sorte court-circuité par les grévistes qui s’étaient adressés directement à la primature, revenait à la charge en donnant une conférence de presse. Etonnement, regrets et parfois colère, ont marqué l’exposé du ministre. Etonnement quant à ce que le ministre a qualifié d’«émergence» de nouvelles revendications des médecins en grève «qui ne figuraient pas initialement sur le cahier revendicatif».
Regrets, de voir la grève se muer en mouvement illimité, «avec ses conséquences sur la santé des citoyens», au moment où gouvernement et grévistes sont «parvenus à un accord sur la quasi-totalité des points revendiqués». Colère enfin, qui poussera le ministre à parler de «désinformation» de la part des médecins, détaillant une à une leurs revendications et les démarches entreprises par le ministère de la santé. Ainsi, selon M. Khyari, il serait mal venu de la part des médecins grévistes de parler de mauvaises conditions d’exercice, au moment où, depuis qu’il préside aux destinées du département, dira-t-il, 18 milliards de centimes ont été débloqués de façon exceptionnelle pour cette rubrique au prix de multiples contorsions budgétaires. Rien qu’en l’an 2002, quelque 33 milliards de centimes ont été affectés à la rénovation des hôpitaux, précisera le ministre qui reconnaît toit de même que les conditions de travail restent en deçà du niveau requis, «ce qui ne peut en aucun cas justifier une grève illimitée». Concernant les indemnités de garde, le ministre a fait état de correspondances adressées aux centrales syndicales à ce sujet, qui «sont demeurées sans réponse», mettant en avant un «accord sur le principe» entre gouvernement et grévistes, «ce qui serait une première depuis l’indépendance».
Au sujet du «salaire complémentaire» autre revendication des médecins, M. Khyari fait état d’un dysfonctionnement depuis 1997, s’étonnant que «le silence aie été gardé sur ce point depuis lors». Il a exprimé la disposition du gouvernement à revoir ce point, précisant qu’il s’agit «du seul point qui ne soit pas encore réglé». Le quatrième et dernier point des «revendications initiales», selon le ministre, à trait à la démocratisation de la procédure de désignation des chefs de services. Sur ce point précis, M. Khyari renvoie la balle aux grévistes, notant «qu’il revient aux professeurs de parvenir à un accord à ce sujet».
Thami Khyari a par ailleurs évoqué «les nouvelles revendications» formulées auprès du Premier ministre. Il s’agit, entre autres, des décrets d’application relatifs aux CHU de Fès et Marrakech, point à propos duquel il met en avant la nécessité de suivre la procédure, les textes «ayant été à ce stade approuvés par le conseil de gouvernement et devraient être à l’ordre du jour du prochain conseil des ministres». Même chose pour la procédure d’acquisition des médicaments, qui «devrait bénéficier d’un mécanisme similaire à celui mis en oeuvre pour la lutte contre la sécheresse ». Enfin, pour le temps partiel aménagé (TPA), « revendication formulés en fin de liste et de façon plutôt timide », soulignera M. Khyari, il faudra « engager un débat national». En attendant, Thami Khyari, s’exprimant au nom du gouvernement, s’interroge sur les justificatifs d’une grève illimitée « aux conséquences tragiques ».

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