Touria Touili libre, mais encore…

Dimanche 26 janvier au petit matin, une femme divorcée de trente-neuf ans, qui a laissé, depuis trois mois, sa mère et son unique enfant de quatorze ans à Brive-la-Gaillarde, au centre de la France, était dans sa chambre d’hôtel, attendant son jugement qui sera rendu par le tribunal correctionnel de Dubaï.
Elle s’appelle Touria, elle n’a jamais imaginé être au box des accusés et poursuivie pour “relation sexuelle hors mariage“ devant la justice de Dubaï, elle qui s’y trouve pour effectuer une vacation pour le compte d’une entreprise française de marketing. Mais, il s’est avérée pour la distance entre l’imagination et la réalité est très loin. Pourquoi? Parce qu’elle pensait que la justice rendra à César ce qui est à César, une fois qu’elle a déposé plainte, le 15 octobre 2002, contre trois Emiratis les accusant d’enlèvement et de viol.
Seulement, pour elle, c’est le contraire qui a eu lieu: elle est passée de victime en accusée. Pour M. Ibrahim Bumelha, procureur général a justifié à l’AFP, ce changement de camps est dû au que l’enquête et les tests de laboratoire écartent la thèse du viol, parce qu’il en ressort qu’elle avait accompagné les trois hommes de son plein gré et n’a essayé à aucun moment d’appeler au secours et qu’elle avait également attendu douze heures avant de porter plainte, ce qui est anormal pour lui. En outre, les examens de laboratoire ont prouvé que le sperme prélevé sur Mme Tiouli n’appartenait à aucun des trois hommes, mais à d’autres personnes, en précisant que le sperme prélevé sur les draps appartenait à l’un des prévenus, lequel affirme avoir eu une relation sexuelle avec Mme Tiouli en contre-partie de 1.000 dirhams (272 USD).
Le 14 octobre 2002, Mme Tiouli est retenue à Dubaï dans le cadre d’un contrôle judiciaire, après avoir passé cinq jours en prison. Sa liberté avait eu lieu suite à la demande du consulat de France. Depuis, elle est assignée à résidence dans un hôtel de Dubaï à ses frais. L’Association démocratique des Français à l’étranger (ADFE) a, en effet, organisé le 24 janvier à Dubaï un buffet dont les recettes seront consacrées au « règlement des frais de justice et de séjour » de Mme Tiouli. Le 12 janvier Touria Tiouli était au box des accusés et l’un de ses trois agresseurs émiratis présumés était présent, à côté d’elle. Le vice-consul français à Dubaï assistait à cette audience, qui s’est déroulée partiellement à huis clos à la demande de Me Ali Abdallah Al-Chamsi, l’avocat de l’accusée, avant que le juge n’autorise la présence de la presse.
Le procureur a affirmé que « les investigations ont prouvé que Mme Tiouli était consentante », tandis que l’avocat a souligné que sa cliente avait été victime d' »un enlèvement par ruse et de viol“.
« Mon avocat apportera les preuves que je n’étais pas consentante. Si j’étais consentante, je n’aurais pas porté plainte », a déclaré à l’AFP Mme Tiouli, visiblement éprouvée par plusieurs semaines de tension.
C’est dans sa chambre qu’elle a entendu le verdict qui fait état de l’incompétence du tribunal pour la juger et renvoyer l’affaire devant le procureur général, qui doit décider de poursuivre, ou non, l’affaire devant la cour d’assises, autrement-dit, qualifier l’affaire de crime de viol et l’accusée redeviendrait plaignante, victime présumée. Où classer l’affaire !

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