Trafic de faux passeports

Trafic de faux passeports

Casablanca. C’était un jour de la première semaine d’octobre. Les limiers de la brigade des moeurs de la PJ de Derb Soltane-El Fida faisaient leur ronde habituelle. Ils traquent des prostituées. Ils connaissent bien les points noirs de la région. L’un d’eux se trouve à la gare routière, donnant sur la Route de Médiouna. Ils s’y rendent et se mettent à contrôler les papiers d’identité des couples présents. Un travail de routine. «Vos papiers, s’il vous plaît», demande le chef de la brigade à un couple qui se tenait debout dans un coin à l’intérieur de la gare routière. Il attendait le départ du car allant à Tétouan. Perturbé, le jeune homme, qui porte une petite valise, lui tend sa carte d’identité nationale. «C’est ta femme ?», lui demande le chef de la brigade. Le jeune homme répond négativement avant que la jeune femme ne remette, également, la sienne. Il s’appelle Saïd et elle Soumia. Ils ont la vingtaine. Le chef de la brigade et ses limiers les conduisent aussitôt vers le fourgon. Saïd tente de demander des explications sur leur arrestation. Et le chef de la brigade lui répond qu’ils ne les arrête pas et qu’il ne s’agit que d’une simple vérification d’identité. L’un des éléments de la brigade lui demande ce qu’il porte dans la petite valise. Elle renferme seulement mes documents, prétend Saïd. «Fais voir…» lui demande le policier. Saïd hésite, mais le policier insiste. La petite valise est ouverte avec des mains qui tremblent. «Qu’est-ce que c’est que ça ?», demande le chef de la brigade sur un ton d’étonnement. La valise renferme six passeports dont un au nom d’une ressortissante marocaine, Mina. M, née en 1923 et décédée le 19 septembre 2000, délivré par les autorités françaises. Le policier-chauffeur démarre et ne s’arrête qu’une fois arrivées au commissariat de Derb Soltane. «Que font ces passeports chez toi ?», demande une fois de plus le chef de la brigade au couple. Leur réponse dévoile qu’ils sont membres d’un réseau spécialisé dans l’émigration clandestine grâce à des passeports falsifiés. Le subterfuge est très simple: Ils reçoivent les passeports d’une ressortissante marocaine résidant en Italie et les acheminent vers Tétouan pour les remettre aux principaux membres du réseau. D’où viennent ces passeports ? Seule la ressortissante marocaine en Italie, aujourd’hui en fuite, est au courant. En attendant son arrestation pour décortiquer ce timbroglio, les policiers se sont déplacés à Tétouan pour complément d’enquête. Là, les enquêteurs ont mis la main sur B. Mohamed, M. Abderrazak, B. Khaled et L. Abderrahim, recherchés pour enlèvement et viol. Les quatre affirment aider les candidats à l’émigration clandestine depuis le nord du Maroc sur la base de faux passeports. Une fois des passeports authentiques reçus, ils y changent les photos d’identité et les adresses pour les remplacer par ceux des candidats qui versent des sommes allant de 50 à 60 mille dirhams. Ils y apposent de faux cachés indiquant les mouvements fictifs d’entrées et sorties du candidats du territoire marocain. Ils les aident par la suite à sortir du pays clandestinement avec ces faux papiers. Les enquêteurs ont conduit les quatre faussaires vers Casablanca après avoir saisi quatre autres passeports et deux cartes de séjour dont une vierge et l’autre falsifiée. L’affaire n’est pas encore close puisque pas moins de quatre membres du réseau sont encore en fuite.

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