Transmission : Votez Brahim Bouârram !

Ce nom est un symbole pour tous les Marocains de France : souvenez vous en 1995, ce jeune homme était assassiné par des manifestants du Front National et jeté à la Seine. C’était un Premier Mai ! Sept années plus tard, le leader d’extrême droite est présent au second tour des élections présidentielles françaises ! Cruel raccourci mais qui montre à quel degré de lepénisation des esprits nous sommes arrivés.
Je fais partie de cette jeunesse marocaine, née ou ayant grandi en France, mon engagement au sein du «mouvement associatif beur» date de 1983: durant ce parcours -et parce que j’ai eu la chance et l’honneur de travailler auprès de deux femmes de coeur, deux femmes de conviction : Martine Aubry et Elisabeth Guigou- j’ai été amené à parcourir toutes les banlieues de France: j’y ai rencontré des gens fabuleux : des parents, des jeunes, des militants… Sans forfanterie je pense avoir réussi à nouer avec de nombreux jeunes marocains de ces différentes villes de France des relations d’amitié et de confiance, basées sur un engagement commun, un respect mutuel.
La place qui est la mienne, sans oser vouloir donner des leçons, ni me poser en quelconque maître à penser, mais justement au nom des convictions qui nous animent, au nom de notre vécu, au nom de cet avenir que nous essayons de bâtir ensemble sur des valeurs de tolérance, de solidarité et de fraternité. Au nom également de notre patrimoine hérité du Maroc, notre pays d’origine : qu’il me soit permis de dire qu’il nous revient un devoir : le devoir de mémoire.
Pour nos parents qui eux ne peuvent voter et vivent dans l’angoisse, pour ce pays dans lequel nous vivons et que nous aimons : la France, pour nous, pour nos petits frères, nos petites soeurs, nos enfants… pour nos familles au Maroc qui craignent pour nous. Même si lors du 1er tour nous nous sommes abstenus, ou si fidèles à des convictions qui nous sont propres, nous avons voté Lionel Jospin, J.P.Chevènement ou Nöel Mamère… parce que nous ne pouvons rater ce moment d’Histoire, pour la mémoire de Brahim Bouârram et tous ceux qui -comme lui- sont tombés victimes du racisme, de l’intolérance, du rejet, de la xénophobie : alors oui, bien sûr : Jacques Chirac !

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *