Transport urbain : l’anarchie meurtrière

Transport urbain : l’anarchie meurtrière

C’est hallucinant. 38 blessés, heureusement pas de morts. C’est le bilan d’un accident de circulation à Casablanca samedi dernier. L’accident a eu lieu lorsque le conducteur d’un bus, appartenant à une société privée, a perdu le contrôle du véhicule qui s’est renversé à Bin Lamdoune. Le conducteur de l’autobus, qui était complètement surchargé, roulait à grande vitesse. En plus, l’état mécanique de l’engin laisse à désirer. Tous les facteurs du risque sont unis, notamment le non-respect du code de la route et l’état quasi-ferraille des bus mis en circulation. En effet, l’état des lieux de ce transport de masse dans la capitale économique du pays a toujours prêté le flanc aux remarques acerbes des utilisateurs de ce service public. Des bus tombent en panne à hauteur des feux de signalisation, « feux rouges », provoquant un grand dérangement pour la circulation dans la métropole. D’autres roulent à grande vitesse en plein centre ville sans aucun respect du code de la route. Dans le cahier des charges des entreprises opérant dans ce secteur, les engins devraient être en bon état mécanique et la conduite doit être dans le strict respect du code de la route. Faute de contrôle rigoureux, les certificats de visite technique sont effectués dans des centres privés et délivrés aux transporteurs comme de simples formalités sans prendre en compte l’état mécanique réel de l’autobus. Les problèmes du secteur sont innombrables. Et ce sont le confort et la vie des utilisateurs qui sont en danger. Un dossier épineux devant le nouveau maire de la métropole. La Régie autonome du transport à Casablanca (RATC), qui gère un parc roulant vieillissant et non entretenu, s’inscrit également au centre de la problématique du transport public en commun à Casablanca. L’entreprise n’a plus les moyens pour gérer son parc, environ trois cents bus. Depuis des années, cette entreprise publique est victime de sa gestion. S’ajoute à cela la folie des grands taxis. L’anarchie et le non-respect des lois en vigueur sont les maîtres-mots. Et les Casablancais paient le prix de cette débandade dans le secteur. Il est à souligner que le réseau du transport urbain de Casablanca est composé de 182 lignes. 97 sont exploitées par dix-huit sociétés privées, disposant de 750 bus. Elles génèrent 4500 emplois. Près de 2,5 millions de Casablancais sont transportés quotidiennement par les moyens de transport urbains en commun, dont 873.000 dits de passage. Il s’agit de personnes qui ne résident pas à Casablanca. La R.A.T.C, à elle seule, assure le déplacement de 452.200 voyageurs par jour. Un secteur sensible et rapporteur. Le réorganiser et le bien gérer, c’est participer activement au développement de la capitale économique du pays. Un grand chantier devant le nouveau maire de la capitale économique du pays.

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