Transports en commun : les Marocaines victimes d incivilités en tout genre

Transports en commun : les Marocaines victimes d incivilités en tout genre

Les femmes sont une cible de choix pour les incivilités commises dans les transports en commun. En prenant le  bus au terminus ou aux arrêts, elles sont souvent victimes d’harcèlement,  d’agressions sexuelles, de violence et même de vols. Telle est la principale conclusion qui ressort d’une consultation  de la Banque mondiale  avec des organisations de la société civile. A noter qu’elles sont plus nombreuses que les hommes à utiliser les transports en commun. C’est ce qu’avait révélé une étude de la Banque mondiale sur la dimension genre dans les transports à Casablanca publiée en octobre 2011.

Selon l’étude, le grand taxi et l’autobus constituent les moyens de transport privilégiés par la majorité d’entre elles. 45% des femmes qui travaillent ou étudient utilisent l’autobus et 40% ont recours aux grands taxis. Et une femme sur cinq utilise trois modes de déplacement pour rejoindre son lieu de travail ou d’études. Si elles sont plus nombreuses à avoir recours aux transports en commun, la raison avancée réside dans le fait qu’un grand nombre d’entre elles n’a pas le permis de conduire. Il faut aussi noter qu’elles  n’ont parfois pas les moyens d’avoir une voiture et que la plupart hésitent à utiliser une bicyclette ou un scooter.   

Les transports publics offrent différentes options, plus ou moins coûteuses et plus ou moins confortables. Les autobus constituent le moyen de transport le moins cher  mais ils sont souvent surchargés, peu fiables et dans un état de déliquescence avancé. Pour les habitants des quartiers périurbains, le taxi collectif offre aussi une solution bon marché. Cela dit, le prix dérisoire de la course compense la promiscuité avec de parfaits inconnus. Quant aux petits taxis, ils constituent l’option la plus chère. Certains conducteurs n’hésitent pas à refuser  des courses loin de leurs quartiers préférés ou à enclencher le compteur.

La consultation avec les organisations de la société civile a ainsi permis  d’identifier les problèmes du système de transports publics et à avancer plusieurs solutions. Parmi les propositions figurent l’élaboration d’une réglementation  imposant aux taxis d’afficher une «charte des passagers» dans leur voiture, avec un numéro vert pour les réclamations, ainsi que le nom et la photo du conducteur. Ce qui permettrait d’améliorer la sécurité des clients et le professionnalisme des chauffeurs.

L’autre proposition porte sur l’adaptation des trottoirs aux personnes handicapées. Il faudrait également  permettre à ce groupe marginalisé de la population de s’exprimer sur les politiques et la planification des transports publics. Les associations consultées ont également estimé qu’il fallait rationaliser les itinéraires des autobus et créer des interconnexions avec d’autres modes de transport à l’instar du tramway, ce qui aurait pour avantage d’économiser du temps et de l’argent.

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