Travail des petites bonnes : La société civile appelle à accélérer l’adoption de la loi

Travail des petites bonnes : La société civile appelle à accélérer l’adoption de la loi

Les petites bonnes continuent d’être maltraitées en l’absence d’une loi en mesure de les protéger. Pour dénoncer ce phénomène, l’Organisation Yelli pour la protection de la fille en partenariat avec l’organisation panafricaine de lutte contre le sida (OPALS) ont organisé lundi à Rabat une journée d’étude sur l’emploi des petites filles dans les foyers. «Cette rencontre a été l’occasion d’examiner de plus près les conditions dans lesquelles ces petites filles travaillent. Elles subissent sans cesse toutes sortes d’humiliations de la part de leurs employeurs et sont sujettes à toutes sortes de violences: physique, verbale et sexuelle. Elles travaillent sans interruption, souffrent de malnutrition et sont exposées à des produits toxiques ( acide chlorhydrique…) et des objets tranchants», déclare à ALM, Fouzia Oulgour, présidente de l’organisation Yelli. Et de poursuivre : «Nous ne pouvons continuer à fermer les yeux devant ces actes inhumains. C’est pourquoi nous appelons le gouvernement à accélérer la promulgation de la loi interdisant le travail des petites filles de moins de 15 ans».
Pour l’OPALS, cette journée d’étude a permis de s’intéresser au volet santé et psychologique. «La prévention contre le Sida est cruciale. Ces petites filles qui sont employées comme domestiques font l’objet d’abus sexuels. Et par conséquent, elles sont particulièrement vulnérables aux risques de transmission du sida et des infections sexuellement transmissibles. Il est regrettable que la stratégie nationale de lutte contre le sida marginalise les enfants», souligne Azzouz Ettoussi, psychosociologue et membre de l’OPALS. L’OPALS dénonce au même titre que l’organisation Yelli le retard qu’accuse le projet de loi. «Ce retard est inacceptable. On ne comprend pas pourquoi il est toujours au secrétariat général du gouvernement. Et pourtant il y a une pression du ministère du Développement social et de la société civile pour faire avancer ce projet de loi. En attendant, chaque jour, on observe de nouvelles victimes», note M. Ettoussi. Pour lutter contre ce phénomène, l’organisation Yelli ne compte pas s’en arrêter là. «Cette journée d’étude ne constitue que la première étape. Nous envisageons à présent de mener plusieurs campagnes de sensibilisation au niveau national en ciblant en priorité les régions d’Al Haouz, Taza et Taounate qui constituent les lieux de provenance par excellence des petites domestiques. Ces campagnes seront menées au profit des parents et des employeurs», affirme Mme Oulgour. Contacté par ALM, la ministre du Développement social, de la Famille et de la solidarité, Nouzha Skalli a indiqué que : «le projet de loi est toujours au secrétariat général du gouvernement. Il ne devrait pas tarder à passer devant le Conseil de gouvernement. Pour l’instant, il est impossible d’avancer une date à ce sujet ». Rappelons que le projet de loi de Mme. Skalli prévoyant de lourdes sanctions contre les employeurs, les parents et les intermédiaires. Ainsi, l’article 2 prévoit une amende allant de 10.000 à 20.000 DH à l’égard de toute personne qui emploie un enfant de moins de 15 ans en tant que domestique et ce sans prendre en considération l‘autorisation du tuteur. L’article 3 souligne que : «Est punie d’une amende allant de 20.000 à 50.000 DH toute personne qui joue le rôle d’intermédiaire dans l’emploi des enfants. En cas de récidive, l’amende sera doublée et l’auteur est passible d’une peine d’emprisonnement allant de 1 à 3 ans». L’article 4 prévoit quant à lui une amende allant de 1000 à 2000 DH à l’égard des parents ou toute personne ayant une autorité sur l’enfant qui livrent leurs enfants aux employeurs.

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