Travail domestique : Des inégalités encore plus criantes entre hommes et femmes

Travail domestique : Des inégalités encore plus criantes entre hommes et femmes

Les hommes consacrent 4 fois plus de temps au travail professionnel et 7 fois moins de temps au travail domestique que les femmes

Les inégalités de salaires entre les deux sexes restent importantes en dépit des progrès réalisés depuis les années 90. L’écart des salaires est passé de 56% en 1991 à 28% en 1999 et s’est établi à 17% en 2007.

Les inégalités entre les hommes et les femmes persistent dans tous les domaines, notamment l’emploi, l’éducation, l’accès à la santé et aux droits sociaux. Mais les écarts sont plus flagrants au niveau du travail domestique qui reste encore très inégalement réparti entre les sexes. En effet, selon un récent rapport de l’OCP Policy Center et la Direction des études et des prévisions financières intitulé «Egalité de genre, politiques publiques et croissance économique au Maroc», les hommes consacrent 4 fois plus de temps au travail professionnel et 7 fois moins de temps au travail domestique que les femmes. Ces inégalités s’amplifient davantage dans les villes (4,6 fois contre 3,4 fois en milieu rural pour le travail professionnel et 6,8 contre 7,1 pour le temps domestique).

Travail domestique : Les hommes ne consacrent que 48 minutes contre 6h pour les femmes

La femme accorde une part importante de son temps au travail domestique et ce quel que soit le type d’activité qu’elle exerce. Ainsi, la femme au foyer consacre 5h55 aux tâches ménagères contre 4h18 pour celle qui travaille. Ce qui est loin d’être le cas pour la gent masculine. Un homme sans emploi ne consacre que 48 minutes au travail domestique contre 42 minutes pour un actif occupé. Ce qu’il faut aussi noter c’est que les femmes actives occupées assurent presque une heure de charge de travail supplémentaire (55 minutes) par rapport aux hommes actifs occupés. Notons qu’à mesure que le nombre d’enfants du ménage augmente, les femmes ont tendance à diminuer leur temps de travail en rallongeant le temps consacré au travail domestique. Ainsi, le temps professionnel et le temps domestique passent respectivement de 5h 27mn et de 3h 12mn pour le ménage ne disposant d’aucun enfant à 4h01mn et 4h29mn respectivement pour le ménage ayant 3 enfants et plus. Cette tendance est inversée pour les hommes, qui accordent plus de temps au travail professionnel lorsque le nombre d’enfants augmente (7h06mn pour le ménage sans enfant contre 7h40mn pour le ménage ayant 3 enfants et plus).

Les hommes 3 fois plus nombreux à occuper un emploi et mieux payés

L’une des principales inégalités de genre à laquelle le Maroc fait face est la faible participation des femmes au marché de l’emploi. Selon les estimations du Bureau international du travail (BIT) le taux d’activité des femmes a connu une baisse remarquable en passant de 30% en 1999 à 25,2% en 2014. Pour sa part, l’activité masculine constitue au niveau national presque le triple de celle féminine entre 1999 et 2014. Ainsi, le taux d’activité masculine s’est établi à 72,4% en 2014 alors qu’il était de 79,3% en 1999. Pour ce qui est du taux d’activité global, il a connu une baisse, entre 1999 et 2014, passant de 54,4 à 48%. Ainsi, l’évolution de la parité homme-femme au niveau de l’emploi indique que les hommes sont 3 fois plus nombreux que les femmes à occuper un emploi. Ils sont plus nombreux à travailler mais ils sont également mieux payés. Les inégalités de salaires entre les deux sexes restent importantes en dépit des progrès réalisés depuis les années 90. L’écart des salaires est passé de 56% en 1991 à 28% en 1999 et s’est établi à 17% en 2007. Ces disparités salariales selon le genre sont de l’ordre de 27% dans les zones urbaines et de 37% dans les zones rurales.

Les citadines plus touchées par le chômage

Les femmes citadines sont de loin les plus touchées par le chômage avec un taux moyen de 22,8% entre 1999 et 2014. Celles âgées de moins de 44 ans sont plus exposées au chômage que leurs homologues hommes. L’écart le plus important (8,7 points) est constaté au niveau du groupe d’âge 25-44 ans (23,7% en moyenne entre 1999 et 2014 pour les femmes contre seulement 15% pour les hommes).

Concernant la tranche d’âge 15-24 ans, l’écart entre le chômage féminin et masculin s’est situé à 6 points en moyenne durant cette période (38,5% pour les femmes contre 32,5% pour les hommes). Pour les personnes âgées de plus de 45 ans, les écarts se sont largement réduits entre 1999 et 2014. Le taux de chômage des femmes âgées de 45 à 59 ans a atteint 5,2% contre 4,3% chez les hommes. En revanche, le taux de chômage des femmes rurales est largement inférieur à celui des hommes (1,8% contre 5,4% en 2014).

Dans ce rapport, les auteurs font remarquer que  bien que  la femme rurale soit moins touchée par le chômage, l’emploi féminin dans les zones rurales demeure, toutefois, dominé par le statut d’aide familial (73,6% en 2013 des femmes rurales actives occupées ont le statut d’aide familial et apprenti sans rémunération).

Peu de femmes chefs d’entreprises

La proportion des entreprises possédées et gérées par des femmes reste extrêmement faible au Maroc. En effet, moins de 7% des entreprises comptent des femmes parmi leurs propriétaires, et seulement 1% disposent d’une dirigeante, alors que ces taux sont globalement de 37 et 18% à l’échelle mondiale. Le nombre d’entreprises appartenant/dirigées par des femmes est estimé autour de 9.000 à 10.000 entreprises. Les entreprises créées et ou gérées sont essentiellement des PME/PMI couvrant le secteur des services (37%), le commerce (31%) et l’industrie (21%), essentiellement le textile. 

Par ailleurs, il faut noter que  les femmes sont moins présentes que les hommes dans le secteur des services (24,4% des femmes actives occupées contre 40,8% chez les hommes). Les statistiques désagrégées par sexe de l’emploi selon la nature de la profession exercée indiquent que 51,8% des femmes actives occupées en moyenne, entre 1999 et 2013, travaillent au niveau national en tant qu’ouvrières et manœuvres agricoles et de la pêche (y compris les ouvrières qualifiées).

En milieu urbain, 26,7% des femmes actives occupées travaillent en tant que manœuvres non agricoles, manutentionnaires, travailleurs des petits métiers et conductrices d’installations et de machines et ouvrières de l’assemblage. Près de 25% des femmes citadines actives occupées travaillent en tant qu’artisanes et ouvrières qualifiées des métiers artisanaux. Seulement 19,5% d’entre elles sont des employées et 15,1% sont des cadres moyens.

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