Tripoli lance une opération de séduction à Washington

La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a assuré, mardi, vouloir renforcer les relations entre les Etats-Unis et la Libye, ancienne bête noire de Washington, en recevant au département d’Etat l’un des fils du numéro un libyen Mouammar Kadhafi. «Nous accordons une grande valeur aux relations entre les Etats-Unis et la Libye», a déclaré la chef de la diplomatie américaine à la presse en accueillant Moutassim Kadhafi, conseiller à la sécurité nationale de son père.
«Nous aurons beaucoup d’occasions d’approfondir et d’élargir notre coopération et je serai très heureuse de renforcer cette relation», a ajouté Mme Clinton, avant de serrer la main du jeune homme. Les relations entre la Libye, pays producteur de pétrole, et les Etats-Unis ont connu, tout au long des 30 dernières années, des crises à répétition.
Rompues en 1981 en raison du soutien présumé de la Libye au terrorisme, elles n’ont été rétablies qu’en 2004, après que Tripoli eut renoncé à ses armes de destruction massive. Mais les relations sont restées limitées, en raison notamment du contentieux entre Washington et Tripoli sur l’indemnisation des victimes du terrorisme dans les années 80, qui n’a été réglée que fin 2008. Dans une tribune libre récemment publiée par le New York Times, l’ambassadeur de la Libye à Washington, Ali Aujali, a estimé que son pays n’avait pas suffisamment profité de sa décision de renoncer à son armement. «Notre expérience envoie un mauvais signal à des pays comme l’Iran et la Corée du Nord», a-t-il estimé. «Washington n’a jamais envisagé comment nos deux pays pourraient mettre en place de nouvelles relations qui auraient une influence positive sur la façon dont d’autres proliférateurs calculent les coûts et les bénéfices de l’abandon des armes de destruction massive». Le Sénat américain a confirmé en novembre la nomination du diplomate de carrière Gene Cretz au poste de premier ambassadeur des Etats-Unis en Libye depuis 36 ans. Rappelons que les échanges académiques et professionnels entre les Etats-Unis et la Libye ont repris depuis le rétablissement des relations diplomatiques en juin 2004.
Après avoir été suspendus pendant presque vingt ans, des programmes tels que celui des boursiers Fulbright et des visiteurs internationaux ont été réactivés. Outre ces programmes d’échanges auxquels participent aujourd’hui plus de soixante personnes, les Etats-Unis œuvrent de concert avec les institutions libyennes d’enseignement afin de renforcer les capacités d’enseignement de l’anglais en Libye.
Par ailleurs, le gouvernement libyen avait renoncé de son propre chef à son programme nucléaire en 2007.

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