Tripoli remet en liberté les deux Suisses «enlevés»

Tripoli remet en liberté les deux Suisses «enlevés»

Les deux Suisses «enlevés» par la Libye en septembre ont été remis, lundi, à l’ambassade helvétique à Tripoli, sans explication sur les raisons de leur détention, a indiqué la Confédération dans un communiqué. «Le lundi 9 novembre 2009, les deux Suisses victimes d’un enlèvement ont été remis par les autorités libyennes, sans mention d’aucun motif, à l’ambassade de Suisse à Tripoli», explique le communiqué. 
Les deux hommes d’affaires étaient retenus depuis juillet 2008, en Libye en mesure de rétorsion après l’arrestation à Genève d’un des fils du leader Mouammar Kadhafi pour mauvais traitement sur deux domestiques. Mi-septembre, ils ont été mis dans un lieu tenu secret par Tripoli, une opération qualifiée de «kidnapping» par Berne.
«Max Galdi, qui dirigeait la filiale du groupe d’ingénierie ABB à Tripoli, et Rachid Hamdami, responsable d’une PME vaudoise (ouest), se portent bien, eu égard aux circonstances», explique encore le gouvernement helvétique, se refusant pour l’instant à plus de détails.
Le sort des deux hommes a provoqué un nouveau durcissement des relations déjà mouvementées entre la Suisse et la Libye ces dernières semaines.
Selon Berne, les deux Suisses, assignés à résidence dans la capitale libyenne, devaient rentrer dans la Confédération avant le 20 octobre, conformément à un accord signé en août, par le président suisse, Hans-Rudolf Merz, lors d’une visite à Tripoli. Mais ils avaient disparu des radars suisses lors d’un contrôle médical réclamé par les Libyens.
Sans nouvelles d’eux depuis plusieurs semaines, les autorités helvétiques ont décidé la semaine dernière de hausser le ton face à Tripoli. La Confédération a décidé de suspendre l’accord signé le 20 août, qui prévoyait la normalisation des relations entre les deux pays et indiqué qu’elle poursuivrait «jusqu’à nouvel ordre sa politique de visas restrictive vis-à-vis des ressortissants libyens».
Ce changement de ton, après des humiliations à répétition, a été salué par la population et les partis helvétiques, las de voir leur gouvernement traîné dans la boue par les autorités libyennes.
Certains observateurs saluaient notamment la décision de limiter les visas, estimant qu’elle visait la famille Kadhafi et ses proches et pouvait faire évoluer les événements.
La Libye reproche à la Confédération l’arrestation musclée, le 15 juillet 2008, dans un palace de Genève, d’Hannibal Kadhafi, âgé de 32 ans à l’époque ainsi que de son épouse enceinte, Aline, sur plainte de deux domestiques. Le couple avait été libéré trois jours plus tard contre le versement d’une caution d’un demi million de francs suisses (312.500 euros).
La réaction de Tripoli n’avait pas tardé, avec l’arrestation le 19 juillet des deux ressortissants suisses, accusés d’infractions sur l’immigration et le séjour. Les deux hommes avaient été ensuite libérés sous caution et assignés à résidence.

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