Trisomie : honteuse exploitation

Trisomie : honteuse exploitation

Considérés comme une charge par leurs familles et par la société en général, les enfants trisomiques sont souvent marginalisés. On les désigne tout simplement de trisomiques, comme s’il s’agissait d’ethnies particulières, alors qu’ils sont en faitdes enfants handicapés. Pis encore, lorsque leur handicap est exploité par leurs parents, leurs proches, ou carrément des mendiants qui n’ont aucune relation avec eux, pour obtenir de la charité. Ils exploitent dans ce sens leur aspect physique qui attire l’attention des autres. Car ces enfants trisomiques ont une taille habituellement plus petite que la normale et une tendance à l’obésité. Une tête ronde, le front haut et plat, les yeux bridés, paupières fendues obliquement, petites oreilles, nez court et parfois épaté, un aplatissement de la nuque, un cou plus court. Cet aspect physique est ainsi mis à profit pour la mendicité. Dans les bus de Casablanca, le phénomène commence à prendre de l’ampleur. Ainsi, l’un des parents accompagne l’enfant handicapé dans l’autobus. Il se place à côté du chauffeur et explique aux autres que la maladie chronique de son marmot lui occasionne des dépenses énormes qu’il ne peut supporter. Une fois le tour est accompli, il descend et prend le bus suivant. Dans de pareils cas, c’est le dénuement qui est à l’origine de l’errance de l’enfant trisomique dans l’univers de la mendicité. Cependant, dans d’autres cas, il s’agit du professionnalisme, au sens large du terme. Certains poussent l’indécence jusqu’à louer leur enfant trisomique aux mendiants professionnels. Cette pratique, qui constitue une insulte à la dignité de l’enfance, rapporte beaucoup. L’enfant trisomique devient ainsi un outil de la mendicité. Il est traité durant le trajet effectué, soit dans les moyens de transport public en commun ou à pied en faisant le circuit des cafés, comme un esclave. Il faut dire que la pauvreté, l’analphabétisme et le manque de sensibilisation laissent ces enfants handicapés à être traités de la sorte. Le nombre insuffisant des associations qui prennent en charge les enfants affectés par cette maladie complète le reste. Ce sont des enfants trisomiques, mais d’abord et avant tout des enfants. Trop souvent, la fiche pédagogique se contente de relever les incapacités de l’enfant au lieu de prendre en compte ses acquis et de définir ses potentialités. Selon les spécialistes, la trisomie est due à une aberration chromosomique appelée également «trisomie 21». Normalement, le nombre de chromosomes contenus dans les cellules d’un individu normal est de 46, en fait, 23 paires. Dans cette maladie, le sujet possède 47 chromosomes. C’est la 21ème paire de chromosomes qui possède un chromosome supplémentaire, d’où le nom de trisomie 21. Quelquefois, un des chromosomes 21 est associé à un autre chromosome, le sujet ne présente alors que 45 chromosomes. Dans ce cas, il n’est pas atteint lui-même de cette maladie mais est susceptible de transmettre à sa descendance l’aberration chromosomique. Chez nous, les associations qui s’occupent des enfants handicapés, quel que soit l’handicap, n’orientent pas suffisamment leurs actions vers cette frange de la société. En plus, en ce qui concerne la question d’avertir les parents et de les aider à accueillir l’enfant trisomique, ce volet ne figure pas dans leurs programmes.

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