Trois suicides en moins d’un mois à Chefchaouen : Le phénomène inquiète

Trois suicides en moins d’un mois à Chefchaouen : Le phénomène inquiète

La population chefchaounaise est sous le choc après plusieurs cas de suicide enregistrés ces derniers temps. D’autant plus qu’il n’y a pas d’explications à la recrudescence de ce phénomène. Les dernières enquêtes menées sur le terrain par les acteurs associatifs font part que les personnes se donnent la mort presque de la même manière (par pendaison), mais sans laisser un véritable indice justifiant leur acte de désespoir. Parmi les trois suicides enregistrés, au cours de janvier 2018 dans cette province, celui d’une femme de près de 35 ans, qui a été considéré comme le premier cas ayant eu lieu au début de l’année en cours. Issue du douar Aâraben relevant de la commune rurale Bni Bouzra (de la province de Chefchaouen), cette mère de famille s’est donné la mort par pendaison à son domicile familial. Un autre cas a été enregistré quelques jours après (du même mois de janvier) dans la même province, plus précisément au douar Amlouk relavant de la commune rurale Béni Smih. Il s’agissait d’une jeune fille de 22 ans qui a mis un terme à sa vie également par pendaison. Même son entourage n’en connaît pas la raison.

Les mêmes rapports réalisés par les militants associatifs et humanistes dans cette province font part que 2017 a été une année record en termes du nombre de suicides. Plus de 45 personnes se sont donné la mort au cours de cette année. Il ressort de ces rapports que pour l’année précédente, le nombre de suicides a plus que doublé en comparaison avec 2016 qui en a connu 20. Les témoignages recueillis par les militants associatifs auprès des proches, voisins et amis concordent que la plupart de ces cas ne manifestaient pas de leur vivant des tendances suicidaires apparentes.

Les mêmes rapports font état que sur l’ensemble des personnes ayant mis fin à leur vie au titre de 2017, les hommes viennent en tête et sont pour la plupart des célibataires. Ce phénomène touche aussi les femmes – dont le nombre a atteint sept en 2017 – mais aussi des enfants de moins de 15 ans. Les acteurs associatifs tiennent à préciser, à travers ces mêmes études, que la plupart des personnes qui ont mis fin à leur vie au cours de l’année précédente sont issues du milieu rural et dont l’âge moyen varie entre 20 et 40 ans. La pendaison demeure le moyen le plus utilisé dans les cas de suicide dans cette province.

Il est à noter que ces chiffres pourraient être, selon la même source, encore plus élevés, si des personnes n’étaient pas intervenues pour dissuader leurs proches ou voisins ou dans certains cas des inconnus de passer à l’acte. Il en a résulté que près de 130 tentatives de suicide ont pu être avortées in extremis au cours de 2017.

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