Tué pour un mur

Tué pour  un mur

Ouled Ghanem, province d’El Jadida. Ahmed, 40 ans, jouit d’une bonne réputation depuis son enfance. Bref, il s’agit d’une personne sans problème. Il avait passé quelques années sur les bancs de l’école avant de cesser de s’y rendre. Il ne supportait plus de faire deux kilomètres de marche pour y arriver. Bien que ce fut encore un enfant, ses parents ne l’ont pas encouragé à renoncer à son choix. De fil en aiguille, il a commencé à aider son père dans les champs jusqu’à embrasser lui-même le métier d’agriculteur. Quand son père est décédé, il s’en est chargé. Seulement, il passait son troisième temps sur les côtes d’El Jadida pour pêcher. Il est passionné par la pêche au point qu’il peut passer toute la journée une canne à pêche à la main. Sa femme et ses enfants le savent tellement qu’ils ne se préoccupent plus de son absence durant toute la journée. Ils savaient qu’il revenait en fin de journée avec parfois un panier plein de poissons pour préparer un bon plat. Ce qui n’a pas été le cas en ce mercredi 19 novembre. N’ayant pas pêché le moindre poisson, il s’est énervé. Il ne comprenait pas pourquoi d’autres pêcheurs qui étaient près de lui sont arrivés à remplir leur panier, alors que le sien est resté désespérément vide. En fin de journée, il a remballé ses affaires et il est retourné chez lui. «Tu n’as rien remarqué dehors ?», lui demande sa femme sans lui laisser le temps de se reposer. Il n’avait rien remarqué. En plus, il n’était pas passé de l’autre côté de chez lui. Et c’est cet endroit que son épouse lui indiquait. «Wajdi a commencé à construire un mur qui déborde sur notre terre», lui dit sa femme tout en lui demandant de ne se rendre chez lui qu’après s’être reposé. Mais Ahmed ne veut rien entendre et décide d’aller chez son voisin pour protester contre la construction de ce mur. «Repose-toi et calme-toi avant d’aller lui parler. Tu sais qu’il est un peu méchant», ajoute sa femme. Tout le voisinage atteste que Wajdi est un type cruel, querelleur et cherchant les problèmes. Il ne respecte personne et personne ne le respecte au point que tous l’évitent. Ahmed ne l’a jamais empêché de construire un mur. Il lui a seulement demandé de ne pas empiéter sur sa terre. Mais Wajdi ne veut rien entendre. «Je vais le construire, ce mur, et personne ne pourra m’empêcher de le faire», dit-il à maintes reprises sur un ton menaçant à Ahmed qui évite les problèmes. Hors de lui, Ahmed rentre dans sa cuisine, se saisit d’une barre en fer et sort de chez lui. Il ne s’arrête qu’une fois devant la porte de son voisin Wajdi, qu’il frappe avec violence au point que Wajdi sort en insultant et injuriant. Ahmed lui demande de démolir la partie du mur qui se trouve sur son lot de terre. Wajdi refuse et Ahmed lui assène, en réponse, un coup de barre en fer. Puis un deuxième coup et enfin un troisième avant de prendre la poudre d’escampette. Transporté à l’hôpital pour y subir les soins nécessaires, Wajdi a succombé à ses blessures. Alertés, les éléments de la Gendarmerie royale se sont dépêchés sur les lieux pour entamer les investigations nécessaires et arrêter Ahmed. Ce dernier a été traduit devant la Chambre criminelle près la Cour d’appel d’El Jadida poursuivi pour coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

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