Tué pour une partie de billard

Tué pour une partie de billard

Mounir n’aurait jamais pu se douter que sa vie s’achèverait à son dix-septième printemps. Issu d’une famille de Jnane Bekkar, à trois kilomètres du centre de Kelaât Sraghna, le jeune garçon, qui jouit d’une bonne réputation, est serviable et aime la vie. À l’âge de sept ans, il a été à l’école la plus proche pour poursuivre ses études. Avec succès, il est arrivé à la huitième année de l’enseignement fondamental.
Seulement l’échec qui s’en est suivi l’a mis en dehors de l’école et il est resté chez lui. Ses parents ont essayé de l’inscrire dans une école privée pour qu’il arrive à réaliser ses rêves. Mais en vain.
Dépourvus de moyens financiers à même de l’aider, ils ont fini par renoncer. Mounir leur a demandé de lui permettre d’aller à Casablanca pour se débrouiller afin d’épargner l’argent nécessaire pour reprendre ses études. Mais ils ont refusé. Ils n’ont pas accepté qu’il s’éloigne d’eux et ont craint qu’il soit absorbé par la mégapole. En conséquence, il est resté chez lui. Ses parents le prenaient en charge, en lui achetant des vêtements et lui donnant l’argent de poche. Bref, il vivait dans l’oisiveté. Il ne se réveillait que tardivement pour prendre son petit-déjeuner, puis son déjeuner avant de rejoindre ses amis au centre de Kelaât Sraghna, qui se trouvaient le plus souvent dans un café ou dans une salle de jeux. C’est d’ailleurs pas loin de là qu’il a été liquidé. Comment cela s’est-il passé?
Mounir était, en ce jour de novembre, dans la salle de jeux. Il bavardait avec ses amis sans jouer au billard. Son tour n’est arrivé que plus tard. Quand il a commencé à jouer, ses adversaires étaient un trio du Jnane Bekkar et du douar Rouiche. C’étaient des connaissances à lui, surtout qu’il fréquentait lui aussi souvent cette salle de jeux, mais ils n’avaient pas de relations amicales avec lui. Et pourtant, il a accepté de jouer avec eux. D’une partie de billard à l’autre, un malentendu a éclaté entre eux. “J’ai déjà misé ma pièce“, a dit Mounir quand l’un du trio l’a interpellé, lui demandant de miser une pièce de cinq dirhams. D’un mot à l’autre, l’un du trio a asséné un coup de poing à Mounir. Ce dernier n’est pas resté les bras croisés. Il lui a donné également un coup de poing. Le sang a giclé du nez de son antagoniste. Le trio a tenté de se jeter sur Mounir. Seulement, ce dernier a pris la fuite. Après une course-poursuite de quelques minutes hors de la salle de jeux, ils l’ont rattrapé. Les badauds sont intervenus pour les empêcher de le maltraiter. Le trio a reculé, faisant semblant qu’ils ne le toucheraient plus, qu’ils le laisseraient aller en paix.
Toutefois, après que les badauds se soient dispersés, les trois poursuiveurs ont couru derrière lui une fois encore. Ils l’ont rattrapé et ont commencé à le malmener violemment. Coups de poing et coups de pied pleuvaient. Mounir qui criait au secours a tenté de résister en donnant d’une fois à l’autre un coup de poing à l’un de ses agresseurs. Pour finir la bagarre, l’un des trois amis s’est saisi d’un couteau qu’il dissimulait sous ses vêtements et lui a porté un coup au niveau de la poitrine. Après quoi, les trois jeunes, âgés respectivement de dix-huit, dix-neuf et vingt et un ans, ont pris la fuite. Arrivant sur les lieux, les habitants ont transporté le malheureux jeune homme à bord d’un taxi à destination de l’hôpital.
Alertés, les éléments de la police judiciaire se sont dépêchés sur les lieux pour entamer les investigations nécessaires pour arrêter les trois voyous. Entre-temps, Mounir a rendu l’âme à l’hôpital. Et le trio a fini par être intercepté et traduit devant la Chambre criminelle près la Cour d’appel de Marrakech.

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