Tueur et nécrophile

Tueur et nécrophile

Enfin, Ahmed tombe dans les filets de la police après une cavale de plus de deux mois. Il occupait une pièce avec voisins dans une maison située dans un quartier de Kénitra.
Ce quadragénaire, célibataire, se débrouillait depuis belle lurette pour gagner sa vie. Il était un ivrogne, mais ne dérangeait personne et respectait tous ses voisins. Eux, également, le respectaient au point qu’ils n’hésitaient pas à lui demander de cesser de s’enivrer et de chercher une « Bent nasse », avec laquelle il devrait se marier et commencer un nouveau parcours de sa vie. Chose qu’il a toujours refusée sans qu’aucun ne sache pourquoi. Il gardait ce secret pour lui-même.
Un autre secret qu’il n’a jamais dévoilé à personne est celui qui concerne sa famille. Personne ne connaît sa famille, puisque jamais personne ne lui rendait visite. Il ne leur a jamais parlé de ses parents, ses frères ou ses soeurs. Il semble qu’il est sans famille. C’est la raison pour laquelle, Fatima, qui occupe une chambre mitoyenne le traite comme son frère. Elle aussi demeure seule. Toutefois, contrairement à lui, elle a une famille qui lui rend visite de temps en temps. Elle est également quadragénaire, veuve, sans enfants. Comme lui, elle est respectée et appréciée par ses voisins. Fatima qui gagne sa vie en s’adonnant à des petits métiers n’hésite pas à l’inviter de temps en temps à déjeuner ou dîner avec elle, dans sa propre chambre. Et parfois, s’il est dans un état d’ivresse avancé, elle le rejoint à sa chambre pour lui donner le dîner et le conseiller de ne plus s’enivrer, de se préoccuper de sa santé, de ne pas gaspiller son argent dans les débits de boissons. Mais en vain. Il n’arrive pas à passer une journée sans boire.
Au fil du temps, Ahmed commence à désirer de loin sa voisine, Fatima. Il ne sait pas pourquoi, il a commencé à souhaiter passer quelques moments avec elle sur le même lit. Il a tenté une fois de la tester. Seulement, elle lui a expliqué qu’elle le considérait comme son propre frère et qu’elle ne peut en aucun cas lui céder. Depuis, il a décidé de ne plus lui parler de relation amoureuse. Mais, il a continué à la désirer, à souhaiter qu’elle lui cède de son propre gré. Loin de là, elle n’a pas cessé de le traiter davantage comme un frère et de l’aider à n’importe quel moment. Un comportement qui ne lui a pas plu puisqu’il a décidé d’abuser un jour d’elle. Comment ? C’était un jour du mois de décembre 2003, quand il s’est réveillé tôt et est monté à la terrasse de la maison avec une barre en fer à la main. Il a passé plus d’une heure avant de l’appeler. “Oui, qu’est-ce que tu fais là-haut en ce moment ?“, lui demande-t-elle avant de lui suggérer de descendre chez elle pour prendre le petit-déjeuner ensemble. Une fois ayant dépassé le seuil de sa chambre, il lui a asséné un premier coup de barre sur la tête. Elle a poussé un seul cri avant qu’il ne lui donne un second coup. Elle s’est effondrée. Et en quelques secondes, elle est devenue corps sans âme. Comme dans un état second, Ahmed débarrasse le cadavre des vêtements et satisfait ses besoins.
Après quoi, il a ouvert l’armoire pour mettre la main sur des bijoux en or et sortir après avoir fermé les portes. Il n’y est retourné que le lendemain matin pour s’emparer d’autres objets plus ou moins précieux et prendre la poudre d’escampette vers Meknès et Casablanca. Ce n’est que dernièrement qu’il a été arrêté après s’être retourné à Kenitra. Ahmed a été traduit devant le parquet général près la Cour d’appel de Rabat.

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