Tunisie : Martin Scheinin rencontre les dirigeants de la LTDH

Tunisie : Martin Scheinin rencontre les dirigeants de la LTDH

Le rapporteur spécial de l’ONU pour la promotion et la protection des droits de l’Homme et des libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste, Martin Scheinin, a rencontré, samedi à Tunis, les dirigeants de la Ligue de défense des droits de l’Homme (LTDH). Selon le président de cette ONG, les entretiens ont porté sur la mission du rapporteur et la situation de la LTDH. Autrefois active, la LTDH est paralysée par une décision judiciaire rendue à la suite de poursuites engagées contre sa direction par des membres proches du pouvoir. Selon son entourage, le rapporteur s’abstient de tout commentaire durant sa mission mais devrait s’adresser à la presse, avant son départ mardi prochain.
M. Scheinin a entamé, vendredi, une mission de quatre jours à l’invitation du gouvernement, dans le cadre des engagements pris par la Tunisie, lors de la présentation de son rapport devant le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU en 2008, selon un communiqué du ministère de la Justice et des droits de l’Homme. Outre les ministres nouvellement désignés des Affaires étrangères, Kamel Morjane, et de la Justice et des droits de l’Homme, Lazhar Bououni, le rapporteur doit rencontrer des représentants du barreau et des ONG, selon le bureau des Nations unies à Tunis.
M. Scheinin devrait aussi visiter des lieux de détention, pour y discuter avec des prisonniers soupçonnés ou condamnés pour des délits liés au terrorisme, selon la même source.
Sa mission consiste à présenter un rapport sur la législation et la pratique antiterroriste en Tunisie, ainsi que des recommandations à la prochaine session du Conseil des droits de l’Homme, selon l’ONU. Ce Conseil mis en place en 2007, en remplacement de la Commission des droits de l’Homme, a adopté le principe de vérification périodique pour chaque pays, une fois tous les quatre ans.
Rappelons que le procès de Taoufik Ben Brik, journaliste et co-fondateur du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT), qui a eu lieu le 19 novembre 2009 et à l’issue duquel la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Tunis a reconnu M. Ben Brik coupable d’atteinte aux bonnes mœurs, de diffamation, d’agression et détérioration des biens d’autrui et blasphème et l’a condamné à une peine de six mois de prison ferme, a été critiqué par l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme. Le verdict a été rendu sans lecture publique du prononcé en audience et donc en l’absence de l’accusé, en violation des dispositions du code de procédure pénale tunisien. L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme avait estimé que ce procès s’est déroulé en violation du droit à un procès équitable et que ce procès, ainsi que d’autres procès menés contre des journalistes ou des personnes en contact avec des journalistes internationaux envoyés en Tunisie pour couvrir les élections du 25 octobre 2009, s’inscrivent dans un contexte de stigmatisation par les autorités tunisiennes de ceux que le président Ben Ali avait qualifié de «minorité infime de Tunisiens qui dénigrent leur pays en s’appuyant sur des parties étrangères».

loading...
loading...

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *