Tunisie : un Franco-tunisien expulsable à tout moment vers la Tunisie

Tunisie : un Franco-tunisien expulsable à tout moment vers la Tunisie

Un Franco-tunisien était mardi expulsable à tout moment d’Allemagne vers la Tunisie, où il a été condamné à la prison à vie et risque la torture selon ses défenseurs, après l’épuisement de tous les recours judiciaires en Allemagne et auprès de la Cour européenne des droits de l’Homme. «La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a décidé de rejeter la demande de mesure d’urgence déposée vendredi pour empêcher l’extradition de Onsi Abichou, sans préciser ses motivations», a déclaré mardi à l’AFP Hélène Legeay, de l’Acat (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture), une ONG qui soutient le jeune homme. Cette demande avait été déposée à la CEDH après la notification officielle d’extradition par l’Allemagne et après l’épuisement de toutes les voies de recours dans ce pays, selon les avocats de M. Abichou. Condamné à la prison à perpétuité en son absence en Tunisie, Onsi Abichou, 27 ans et père de deux enfants, a été arrêté en Allemagne où il se rendait depuis la France au cours d’un contrôle d’identité le 17 octobre 2009, sur la base d’un mandat d’arrêt international émis par la Tunisie.  Selon l’Acat, M. Abichou, qui réside en France depuis son enfance, a été condamné en juin 2009 pour trafic de drogue, «sur la base d’aveux (de tiers) obtenus sous la torture» et «qui se sont rétractés pendant le procès». «Nous sommes très étonnés par la décision de la Cour: elle tranche avec la jurisprudence de la CEDH, qui reconnaît le risque de torture en Tunisie», a ajouté Mme Legeay. , rappelant que la Cour européenne avait «plusieurs fois établi que les garanties (de respect des droits) fournies par la Tunisie dans le cadre de demandes d’extraditions n’avaient aucune valeur». Lundi, les autorités tunisiennes ont dénoncé «des allégations infondées» de l’Acat, et «contredites par la réalité et les législations en vigueur». «La législation bien entendu interdit le recours à la torture en Tunisie. Mais elle est pratiquée quasiment systématiquement, notamment pour l’obtention d’aveux», a réagi Hélène Legeay.

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