Un accord prometteur

Lors d’un séminaire tenu au Parlement sur l’accord de libre-échange ( ALE) entre le Maroc et les Etats-Unis, Driss Lachgar, président du groupe socialiste au Parlement, a déclaré que cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une tradition qui consiste à associer les cadres de son parti au débat concernant les différents domaines de leurs interventions, notamment économiques, sociaux et juridiques, en vue de bénéficier de leur expertise.
Et de rappeler les séminaires tenus sur le secteur agricole, le code de travail, le plan national d’intégration de la femme dans le développement, la couverture médicale, et les codes de la procédure pénale et de la presse, etc. En outre, en vue de remédier aux contraintes constitutionnelles limitant le rôle du Parlement à l’approbation des conventions et ne lui permettant pas de suivre les étapes de négociation, le groupe socialiste à la Chambre des représentants a appelé à une réunion de la Commission étrangère avec le principal négociateur avec le Maroc, pour informer les représentants de la nation du contenu de cet accord, mais cette demande est restée sans suite.
Un fait qui a incité, a -t-il dit, le groupe socialiste à entreprendre l’initiative d’amorcer un débat national à ce sujet. Dans une note présentée par le président de la Fondation Abderrahim Bouabid, Larabi Jaïdi, il a été rappelé que le Maroc et les Etats-Unis ont décidé d’instaurer une zone de libre-échange entre les deux pays. Rappelant l’état d’avancement dudit projet, M. jaïdi a annoncé qu’« à l’issue de la première étape des négociations sur ce projet, dit-il, il a été annoncé que la finalisation de l’accord interviendrait avant fin 2003.
L’examen de l’ossature de l’accord et de son contenu sont prévus pour un deuxième round décisif qui aurait lieu fin mars à Rabat. Il sera précédé de travaux sectoriels au sein de 13 commissions à partir de la semaine prochaine. Ainsi, des avancées semblent déjà réalisées dans la perspective de conclusion de cet accord ». Et d’ajouter en guise de rappel qu’il s’agit d’une grande puissance face à une nation de petite dimension dotée d’un tissu naissant et fragile. « Pourtant, reprend-il, ce n’est pas parce que les relations commerciales s’inscrivent dans un contexte inégalitaire qu’il faudrait rejeter par principe l’idée d’une libération des échanges avec les Etats-Unis».
«Car, à l’heure de la globalisation économique, la diversification des courants d’échange n’est pas un choix mais une nécessité». Un point de vue qui va être fortement critiqué par Henri Regnault, professeur d’Economie à l’Université de Pau et des pays de l’Adour, directeur du Groupement de recherche internationale du CNRS » EMMA » (Economie méditerranée monde arabe). En effet, se proclamant défenseur des intérêts de l’Europe, M. Regnault a déclaré que « dans ce cas, le Maroc ne peut plus demander l’intégration à l’Europe ». Et de conclure son intervention qui était axée sur l’ALE et la construction euro-méditerranéenne que « le Maroc est face à un choix historique pour lui-même et pour l’ensemble Euromed ».
« Ancrage européen renforcé, dit-il, ou navigation des grands larges: telle est aujourd’hui la métaphore maritime du dilemme géopolitique et économique marocain ». Avant cette intervention, Khalid El Hariri, député du Groupe socialiste, a tenté de décortiquer les attentes des USA par rapport à cet accord, à travers une démarche documentaire qui reprend le parcours des déclarations d’officiels américains ainsi que des documents officiels publiés par l’Administration américaine.
La première partie de cette allocution a été consacrée à la doctrine des Etats-Unis en ce qui concerne le commerce et le libre-échange et notamment leur apport à la prospérité américaine et, depuis le 11 septembre 2001, à la sécurité nationale des Etats-Unis. En revanche, la seconde partie s’est limitée au cas du Maroc en s’arrêtant sur les raisons de ce choix, les attentes générales et les objectifs sectoriels de la négociation. Dans ce cadre, l’orateur a estimé que l’ALE va créer des opportunités commerciales et des marchés plus importants pour les exportations en Afrique. Une thèse qui a été fortement développée par Christian Deblock, directeur du centre des Etudes internationales et Mondialisation, à l’Université du Québec à Montréal, a inscrit l’ALE dans le cadre de l’approche américaine fondée sur la Sécurité par le commerce, et qui veut faire de cet accord un modèle pour d’autres pays.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *