Un amour fou qui finit mal

Un amour fou qui finit mal

Tiflet. C’est au quartier Arrachad qu’Abderrahim et Faïza ont vu le jour, il y a une dizaine d’années. Actuellement, Faïza est âgée de quinze ans, alors qu’Abderrahim est son aîné de deux ans. Leurs familles respectives se connaissent depuis belle lurette ; fruit d’un bon voisinage qui remonte à plusieurs années. Chacune des deux familles a assisté à la naissance de l’enfant de l’autre. Elles ont assisté aux fêtes de baptême respectives. De plus, les deux enfants ont grandi devant leurs yeux au point qu’ils les considéraient pratiquement comme frère et soeur. Une solide relation familiale qui semble avoir incité les deux enfants à s’aimer. C’était d’abord un amour d’enfants, innocent, qui s’incarne dans leur rencontre presque souvent à la maison, dans la rue et même à l’école et dans leur bavardage, leurs querelles et rixes puériles.
Les années passent et les deux enfants grandissent en se retrouvant l’un proche de l’autre pour devenir presque inséparables. Leurs familles remarquaient cela, mais les considéraient toujours comme un frère et sa soeur au point qu’ils ne sont jamais intervenus pour les éloigner l’un de l’autre. De fil en aiguille, l’amour entre Abderrahim et Faïza grandissait loin des yeux des deux familles et loin de leurs remarques.
Enfin, ni l’un ni l’autre ne pouvait plus s’éloigner de l’autre, ni vivre sans l’autre, ni passer une journée sans le rencontrer, ni le voir.
«Je t’aime Faïza», lui chuchote-t-il dans l’oreille, alors qu’ils étaient seuls dans une chambre chez lui. Cette phrase avait produit un effet magique sur Faïza, comme si elle l’avait attendue depuis toujours. Elle s’est effondrée entre ses bras. Il a approché ses lèvres des siennes. Et ils se sont embrassés durant plus d’une minute. Il semblait n’avoir pas l’intention de finir.
L’amour fou. Des coups répétés à la porte les ont empêchés de continuer.
«Qu’est-ce que vous faites seuls dans la chambre ?», leur a demandé la mère d’Abderrahim, qui a eu la puce à l’oreille en voyant le visage de Faïza rougir comme une pomme.
«Ne restez plus jamais ensemble tous les deux loin de nos yeux», leur dit-elle après le départ de Faïza, dont le visage était devenu cramoisi.
Le lendemain, Faïza s’est vue interdire par sa mère de rencontrer Abderrahim et de se contenter de le saluer comme un voisin du quartier.
«Tu as grandi et tu ne dois plus le rencontrer ni à la rue ni chez lui…C’est honteux, les mauvaises langues vont dévorer votre honneur et, par conséquent, le nôtre…», lui explique-t-elle sur un ton moralisateur.
Cependant, aucun des deux adolsecents ne pouvait tourner le dos à l’autre. Ils s’aimaient. Comment pensaient-ils mettre fin à leur relation qui a grandi avec eux ? Abderrahim et Faïza ne pensaient plus céder à leurs familles.
«Je vais t’épouser, je n’aime que toi et je ne pense qu’à toi », lui chuchote-t-il quand ils se sont rencontrés loin de leur quartier.
Elle lui a expliqué, également, qu’elle ne le quitterait jamais, qu’elle reste en sa compagnie jusqu’à la fin de sa vie, qu’elle n’offrirait son corps qu’à lui, qu’elle ne pense jamais être avec une autre personne. Et leurs rencontres se sont perpétuées, toujours loin des yeux de leurs familles. Quand ces dernières ont appris qu’ils se rencontraient encore, elles ont lancé une guerre contre les deux jeunes amoureux. Elles ont tenté par tous les moyens de les éloigner l’un de l’autre. Mais en vain. Pire encore, quand les deux jeunes amoureux ont décidé de fuir pour préserver leur amour. Abderrahim a rejoint un ami demeurant dans la périphérie de Tiflet. Il a passé deux journée chez lui avant de lui demander d’inviter une fille qu’il aime.
L’ami lui a ouvert ses portes chaleureusement. Faïza l’a rejoint et a passé la première nuit avec Abderrahim, puis la deuxième, la troisième et la quatrième. Faïza a perdu sa virginité et Abderrahim lui a tourné le dos.
«Mes parents ne me permettront jamais d’épouser une fille qui n’est plus vierge », lui lance-t-il sans vergogne. Fondant en larmes, Faïza est retournée chez elle, s’est jetée dans les bras de sa mère et lui a raconté son histoire avec Abderrahim durant ces quatre jours et nuits. Une plainte a été déposée et Abderrahim a été arrêté. L’accusation : détournement d’une mineure et viol.
«C’est elle qui m’a rejoint de son plein gré», crie-t-il en clamant son innocence.
Mais la loi est la loi, elle tente de protéger toujours les mineurs ; les considérant incapables de prendre les décidions convenables. En conséquence, Abderrahim doit assumer sa responsabilité pour répondre prochainement aux interrogations des juges de la Chambre criminelle près la Cour d’appel de Rabat.

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