Un amour illicite

Ahlame, dix-huit ans, a disparu depuis deux jours. S’agit-il d’une fugue ou d’une affaire de kidnapping ? Beaucoup de questions tournaient dans la tête de ses parents.. Les habitants du douar Laâjajra, à la périphérie de Fès, leur demandent d’aller alerter la gendarmerie royale. Mais les parents d’Ahlame hésitent. Personne ne sait au juste pourquoi, ils s’abstiennent de le faire.
«C’est une honte pour nous, que dirons-nous à la gendarmerie ?», confie le père d’Ahlam à son épouse. Les jours passent et la disparue ne donne toujours pas signe de vie.
Le père a contacté les membres de sa famille. Elle ne se trouve chez aucun d’eux. Sa fille aînée lui demande d’alerter la gendarmerie. «Si tu ne veux pas, je le ferai moi-même, nous ne devons pas la laisser sans les aviser pour qu’ils emtreprennent une enquête», lui dit-elle pour le convaincre.
Alors, le père s’est adressé aux gendarmes. «Ma fille a disparu depuis quatre jours et je veux déposer plainte…», dit-il au chef.
D’une question à l’autre, le père a fini par expliquer au rédacteur du PV qu’elle était très attachée à son neveu, âgé de vingt ans.
«Qu’est-ce que tu veux dire au juste?», lui demande le rédacteur du PV.
«Elle sort avec lui depuis une année et il la fréquentait le plus souvent chez moi. Seulement, il n’a plus donné, lui non plus, signe de vie depuis la disparition de ma fille», répond le père. Certes, les habitants du douar ont tous remarqué la relation entre Ahlame et Azzedine qui dépasse celle d’un jeune homme avec sa tante. Les mauvaises langues avaient déjà parlé d’une relation amoureuse entre eux. Seuls leurs parents n’avaient jamais douté de leur relation.
Les gendarmes ont entamé leurs investigations. Et quand Azzedine est venu visiter, quelques jours plus tard, au douar, les gendarmes étaient à son attente. Il a été arrêté. «Ou se trouve Ahlame?», lui demande le chef de la brigade.
Azzedine n’a pas mis beaucoup de temps pour répondre. Il a avoué l’avoir laissée chez un ami à Meknès. Ils l’ont accompagné pour surprendre Ahlame, allongée sur un divan comme si rien ne se passait.
«Je l’aime depuis plus d’une année», avoue-t-elle sans pudeur.
Elle savait que leur relation est illicite et illégale. «Mais je l’aime et je déteste la personne qui m’a demandé en mariage, c’est pourquoi j’ai fui avec lui», précise-t-elle aux enquêteurs.
«Je l’aime, moi aussi, et pour garder notre amour nous avons décidé de nous enfuir.», déclare Azzedine aux enquêteurs.
Azzedine et Ahlame ont été arrêtés et déférés devant la Chambre criminelle près la Cour d’appel de Fès, poursuivis pour inceste.
Ils n’ont pas changé leur déclaration devant la Cour, clamant leur amour mutuel.
«Je l’aime depuis plus d’une année et nous faisions l’amour d’une fois à l’autre loin des yeux de notre famille…», raconte Azzedine à la Cour.
«Moi aussi je l’aime», répond-elle à la cour.
«Mais votre relation amoureuse est illicite en Islam et illégale», leur confirme le président de la Cour.
Azzedine et Ahlame se sont contentés de baisser la tête sans ajouter un autre mot.
Leurs parents ne savaient quoi faire ni quoi dire de cette malédiction qui vient empoisonner l’atmosphère familiale. Le président de la cour a donné la parole à la défense qui a requis le bénéfice, aux deux mis en cause, des circonstances atténuantes avant de se retirer pour les délibérations. La Cour a jugé Azzedine et Ahlame coupable d’inceste et a condamné le premier à 5 ans de réclusion criminelle et la seconde à 2 ans de prison ferme.

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