Un amour mortel

Ahmed et Samira, deux jeunes de Sefrou tombés amoureux l’un de l’autre, envisageaient de vivre une belle histoire d’amour. Ils ne savent pas comment ils sont arrivés à devenir, en un ou deux mois, très attachés. Il avait vingt-sept ans et elle en avait vingt-trois. C’est l’âge du vrai et grand amour. Ils commencent à fixer des rendez-vous, à se rencontrer en ancienne médina ou ailleurs, à profiter de quelques moments de solitude chez l’un de leurs amis. «Je vais emmener mes parents chez vous pour te demander au mariage…», confie Ahmed à son amante, qui n’a pas dissimulé sa gaieté. Chaque fille rêve de fonder un foyer, de vivre seule avec son cavalier. Ils n’ont pas perdu beaucoup de temps pour se retrouver seuls, face-à-face, devant cette autre réalité: le mariage. Tue-t-il, l’amour ?
« Je t’aime et je t’aimerais pour toujours…Mais je ne sais pas pourquoi tu as changé, tu n’es plus ce que tu étais, Samira, l’ange, le rêve, la mignonne, l’innocente… pourquoi ? », lui déclare Ahmed un jour de leurs premiers mois de mariage.
«Je t’aime, également, follement Ahmed, et cela n’est pas nouveau…Seulement ,je ne sais pas pourquoi ton comportement a changé au point que je sens parfois que tu ne me supportes plus…», lui répond-elle. Les jours passent et le foyer d’Ahmed et Samira a été égayé par un petit mignon. Va-t-il apaiser l’atmosphère? «Non, mes sentiments sont les mêmes, je t’aime encore comme les premiers jours…Mais c’est toi qui n’es plus ce que tu étais…Tu me trahis, j’en ai la preuve… », lui confie-t-il, car il ne supporte plus les reproches de sa mère qui lui demande, à chaque fois, de la répudier. « C’est une p…Tout le monde en parle… », lui dit-elle une fois quand il lui a rendu visite. Il quitte la demeure parentale, rejoint sa femme, lui reproche ce qu’elle perpètre. « Ce sont des mensonges… » lui affirme-t-elle à haute voix. Hors de lui, il lève sa main, la gifle violemment. Elle n’a jamais conçu arriver à ce stade de violence. Elle a porté plainte contre lui, l’accusant de violence conjugale.
Au fils des jours, ils arrivent au point mort, ils ne peuvent plus continuer à vivre ensemble, sous le même toit. Le divorce est la solution convenable. Ils commencent une fois encore à se rencontrer, à passer des nuits blanches sur le même lit, l’un à côté de l’autre, comme deux adolescents. Mais sans se remarier. Ils restent comme des concubins. Alors que l’enfant est chez ses grands-parents. Une année et demie après leur divorce, Ahmed et Samira restent séparés, mais se rencontrent toujours.
« Samira passe des soirées chez Saïd… », confie un ami à Ahmed.
Ahmed rentre chez lui. Le sommeil l’abandonne. Ses yeux restent ouverts toute la nuit.
Vendredi 6 septembre 2002. Vingt heures. L’ami rencontre Ahmed, l’avise que Samira est en compagnie de son amant. Que veut vraiment cet ami alors qu’il est au courant de leur divorce depuis un an et demi ? Pourquoi s’intéresse-t-il à leur histoire ? Vers minuit, Ahmed frappe à la porte de la maison n°193, rue Nasse Aâdloune.. Et comme un chien enragé, il avance vers l’intérieur, sans se rendre compte de la personne qui lui a ouvert la porte, entre dans une chambre à la recherche de Samira. Il la saisit par la main, lui assène des coups de poing et de pied. La personne qui est devant lui se contente de regarder.
Ahmed continue à violenter Samira.. Quelques secondes plus tard, elle tombe, elle n’est plus qu’un corps sans âme. Ahmed sort en courant, cherchant un moyen de transport pour prendre la poudre d’escampette. Mais les éléments de la Gendarmerie Royale n’ont pas perdu la moindre seconde, après avoir été alertés, pour l’alpaguer.

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