Un Conseil et des attentes

Après la nomination d’Ahmed Khchichen, à la tête de la Direction générale de la Communication audiovisuelle relevant de la haute autorité du président et des membres du Conseil supérieur de la communication Audiovisuelle et dans la perspective de mettre fin au monopole de l’Etat sur ce secteur, S.M. Mohammed VI a procédé, en application des dispositions de l’article 6 du Dahir portant création de l’instance précitée, à la nomination d’Ahmed Ghazali, en tant que président du Conseil. M. Ghazali est né le 24 décembre 1948 à Tafraout (province de Tiznit). Titulaire du diplôme d’études supérieures en droit des affaires et auteur d’une thèse d’Etat en droit privé (1987, faculté de droit de Grenoble), il a entamé sa carrière professionnelle en tant qu’enseignant – chercheur de droit des affaires, de droit de l’économie sociale et comme expert-consultant de plusieurs organismes nationaux et internationaux en matière de montage institutionnel et de développement organisationnel. Par la suite, il a assumé le poste de responsable du cabinet du ministre des Droits de l’Homme (1993-1995), puis du ministre de la Justice de 1997 à 1998, date à laquelle il a été nommé secrétaire général du ministère de la Justice. M. Ahmed Ghazali était, également, membre du groupe de réflexion chargé de mission auprès de feu SM Hassan II. Auteur de plusieurs ouvrages, articles et études, Ahmed Ghazali a participé à l’élaboration de plusieurs études sur le droit marocain. En tant que président du Conseil, M. Ghazali est assimilé quant à sa situation administrative et financière, selon l’article 10 du dahir, à un membre du gouvernement. Aussi, en vertu des dispositions du Dahir portant création de la Haute autorité précitée, le Souverain a nommé quatre membres du conseil. Le Premier ministre, les présidents de la Chambre des représentants et de la Chambre des conseillers ont nommé, chacun pour ce qui le concerne, les quatre autres membres constituant le Conseil. Ce dernier se compose, en plus de son président, de huit autres membres, dont l’actrice Naïma Lamcharki, connue, également, pour ses différentes actions dans le domaine social et en faveur des couches sociales démunies. Au sein du Conseil, l’on trouve, également, les universitaires Al Hassane Boukantar et Nour-Eddine Afaya. M. Boukantar est titulaire d’un Doctorat d’Etat en relations internationales. Il est membre du bureau exécutif de l’Association marocaine du droit constitutionnel et membre du Conseil administratif de l’Association maroco-allemande. M. Boukantar a participé à plusieurs conférences et colloques au Maroc et à l’étranger et il est l’auteur de plusieurs ouvrages, notamment «La politique arabe du Royaume du Maroc» (1997), « La politique étrangère marocaine: les acteurs et les interactions » (2002). Pour sa part, Nour Eddine Affaya est titulaire d’un Doctorat d’Etat en philosophie et enseigne actuellement à la faculté des lettres et des sciences humaines à Rabat. M. Affaya compte à son actif plusieurs ouvrages, dont « L’Occident dans l’imaginaire arabo-musulman», « Le discours cinématographique, entre l’écriture et l’interprétation », « L’autorité et la pensée……pour une culture de reconnaissance au Maroc» et « Les questions de la renaissance au Maroc ». M. Affaya, qui préside l’association « La recherche dans la communication entre les cultures », a animé entre les années 1992 et 1993 l’émission « Diwane » à la deuxième chaîne télévision « 2M » et celle de « Madarate » à la première chaîne de télévision « TVM » depuis l’an 2000. Egalement, parmi les membres de cette haute autorité, outre Mohamed Naciri, Ahmed Abbadi et notre confrère de L’Opinion, Naïm Kamal, il y a lieu de signaler la présence de deux acteurs de la société civile, en l’occurrence Salah El Ouadie et Ilias El Omari. M. El Ouadie est connu pour son engagement au niveau des droits de l’Homme. Ancien détenu d’opinion, il a participé activement à la création du Forum vérité et justice, tandis que M. El Omari est connu dans la région d’Al Hoceima pour ses positions en faveur de la culture Amazigh. Cela dit, sur le plan administratif et financier, « les membres du Conseil perçoivent une indemnité égale à l’indemnité accordée aux membres du Parlement et soumise au même régime fiscal (Art. 10). L’une des attributions de leur Conseil consiste à donner avis à SM le Roi « sur toute question (…) relative au secteur de la Communication audiovisuelle ( art. 3, paragraphe 1), et suggérer « au gouvernement les modifications de nature législative et réglementaire, rendues nécessaires par l’évolution technologique, économique, sociale et culturelle des activités du secteur de l’audovisuel » (article précité, paragraphe 7). Dans le même ordre, ils reçoivent «des plaintes émanant des organisations politiques, syndicales ou des associations reconnues d’utilité publique, relatives à des violations, par les organes de communication audiovisuelle, des lois ou règlements applicables au secteur de la communication audiovisuelle » (art. 4). Bref, il s’agit d’une instance qui aura à jouer un rôle très important dans la mise à niveau de l’espace de la communication dans notre pays et à renforcer les acquis démocratiques et de pluralisme, au niveau du champ médiatique.

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