Un couple d’arnaqueurs sous les verrous

Élégante, Ghizlane, se présente à l’agence de la BMCE, d’Aïn Sebaâ, à Casablanca. Un dossier à la main, elle se tient devant un employé de l’agence bancaire. Une conversation est engagée entre les deux personnes. La cliente qui dispose d’un compte bancaire demande des explications sur l’octroi d’un crédit logement. Elle souhaite acheter une villa située au quartier Racine. En feuilletant le dossier, l’employé a remarqué que la villa a été évaluée par une agence d’expertise au prix de 3 millions 300 mille dirhams. Il a remarqué également que le dossier contient tous les documents nécessaires, à savoir entre autres, le compromis de vente, les attestations de la Conservation foncière et de l’Administration des impôts, la photocopie de la carte d’identité nationale (CIN) de la cliente.
En lisant la demande de crédit, l’employé a remarqué qu’elle ne réclame qu’une partie de la valeur de la villa, soit 1,4 million de dirham. La jeune femme vient souvent à l’agence bancaire pour se rassurer si le crédit lui a été octroyé ou pas encore. Examen du dossier oblige. Entre temps, la Brigade de la police judiciaire de Hay Mohammadi-Aïn Sebaâ reçoit une information faisant état qu’une jeune femme qui se fait passer pour une femme d’affaires réclame des crédits bancaires sur la base de faux dossiers. Les limiers de la Brigade judiciaire se dépêchent à l’agence bancaire en question pour s’assurer de la véracité de l’information. Le dossier est toujours en phase d’étude.
Le chef de la Brigade demande une copie de la photocopie de la CIN. L’enquête révèle que le numéro figurant sur la CIN appartient d’abord à un homme et non pas à une femme. Cet indice est suffisant pour convaincre les enquêteurs que le dossier de demande de crédit est faux. Aussitôt, ils ont mené une surveillance autour de l’agence bancaire. Une surveillance soldée par l’arrestation de la femme en cause. Il s’agit bel et bien de Ghizlane, âgée de trente-cinq ans, mariée et mère de deux enfants.
Soumise aux interrogatoires, elle a craché le morceau. Elle a expliqué aux enquêteurs de la police judiciaire de Hay Mohammadi-Aïn Sebaâ qu’elle n’est que la complice de son mari, actuellement en état de fuite. Ghizlane a affirmé qu’il ne s’agit pas de leur première opération. Elle a expliqué aux enquêteurs avoir déjà déposé des dossiers auprès d’autres banques telles que la BMCI, la Banque populaire, Attijariwafabank et la SGMB. Elle a même avoué avoir bénéficié d’un crédit de 700 mille de dirhams et d’un second de l’ordre de 600 mille de dirhams. Elle a précisé également avoir bénéficié, en compagnie de son mari, d’une voiture, marque Citroën, en remettant un faux dossier à la société SOPRIAM, le représentant de Citroën et Peugeot au Maroc. La mise en cause a affirmé qu’ils ont trompé, elle et son époux, ces établissements en se faisant passer pour des hommes d’affaires disposant de plusieurs sociétés. À ce propos, elle a précisé avoir fondé, toujours sur la base de faux documents, des sociétés fictives. En se dépêchant à l’appartement qu’ils louent au quartier Bourgogne contre 8 mille dirhams par mois, les enquêteurs ont mis la main sur des centaines de chèques, des cartes monétiques et des cartes d’identité nationales portant tous divers noms et prénoms. Le couple, selon les déclarations de la mise en cause, ne dilapide pas l’argent qu’il amasse dans l’air. Il l’exploite pour acheter des biens immobiliers. L’enquête est toujours en cours pour appréhender l’époux. Ce dernier détient le secret de la falsification des documents utilisés pour mettre les banques et autres établissements privés dans ses filets.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *