Un dealer sous les verrous

Il est communément connu sous le surnom de “Ould Chouafa” et régnait en maître sur la vente de la résine de cannabis à Derb Ghallef. Plusieurs fois, les éléments de la police judiciaire essayent de le surprendre en flagrant délit, mais sans résultat. Ould Chouafa procédait à la vente de sa came sur le seuil de la porte de sa demeure sise à la rue La Roche.
Avec des guetteurs placés dans les points stratégiques de la rue, souvent des enfants que la police serait incapable de soupçonner, il est au courant de toutes les tentatives pour le chopper. Même lorsque cette dernière réussit à parvenir jusqu’à sa maison, il entre rapidement et ferme la porte derrière lui pour la rouvrir devant les enquêteurs un peu plus tard. Mais ils n’ont jamais rien trouvé de compromettant : le dealer se débarrasse de sa marchandise en la jetant dans les toilettes et ainsi, il n’a rien à craindre. Plus même, il nargue les enquêteurs en leur annonçant qu’il ne vendait pas de haschisch et qu’ils ont été mal informés. « Si je vendais vraiment de la drogue, vous ne m’auriez pas trouvé debout paisiblement devant la maison. Ce ne sont que des racontars, de fausses informations émanant de gens qui ont des comptes personnels à régler avec moi. », disait-il aux enquêteurs. Il n’a qu’un seul complice. Même la façon dont Ould Chouafa s’approvisionnait démontre son extrême méfiance.
Chaque semaine, il va à la rencontre de son fournisseur, un certain Bouchta, alias Jebli, à la gare routière Ouled Ziane. Issu des régions du Nord du Royaume, ce dernier ne voit Ould Chouafa que pendant quelques minutes, et toujours en tête à tête. Le temps de lui passer la marchandise, encaisser l’argent et repartir illico presto. L’acheminement du haschisch de la gare vers son domicile à Derb Ghallef se passe sans aucun problème. La quantité qu’il liquidait chaque semaine est estimée à 10 kilogrammes de résine de cannabis. C’est énorme au point où la section de police judiciaire de la préfecture de police de Casablanca a décidé de mettre le paquet et surprendre coûte que coûte ce vendeur de drogue qui réussit depuis longtemps à passer parmi les mailles de tous les filets. Vendredi 17 septembre 2004, Ould Chouafa se trouvait comme à l’accoutumée sur le seuil de sa demeure, guettant des passants pour détecter un éventuel consommateur et attirer son attention.
Soudain, deux jeunes se présentent devant lui demandant à avoir quelques grammes de haschisch. L’un portait une blouse bleue arborant la plaque rouge de gardien de voitures et l’autre est aussi modestement vêtu. Effectivement il leur propose quelques morceaux qu’ils examinèrent avant de manifester leur consentement. Esquissant le geste de chercher l’argent, les deux hommes sautèrent soudain sur le dealer et le poussent à l’intérieur de son domicile, tout en lui déclarant qu’ils étaient des policiers déguisés. Pris de court, le dealer ne put rien faire d’autre que de se calmer, et laisser les enquêteurs arrivés en renfort fouiller sa demeure. Ils ont trouvé une grande quantité de plaquettes de haschisch et une maigre somme d’argent.
Ould Chouafa vient seulement de commencer la liquidation de sa marchandise et il est pris en flagrant délit et avec une quantité on ne peut plus encombrante. Comme s’il avait perdu la langue, le dealer autrefois fier et sûr de lui ne pipait mot. Il se laisse conduire par les enquêteurs sans la moindre tentation de se dédouaner ou s’expliquer. Son complice est vite alpagué par les limiers de la 13ème section de la police judiciaire. Ce dernier s’est avéré, après les recherches de la police, être un récidiviste avec 11 antécédents dans le trafic des stupéfiants. Mais Ould Chouafa est également un récidiviste avec 12 antécédents dont 11 pour trafic de stupéfiants et 1 pour vol qualifié et viol. Quarante-huit heures après son arrestation, il est présenté devant la Justice pour détention et trafic de stupéfiants, complicité et récidive.

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