Un flirt qui finit mal

Dimanche 5 mai 2002. Quinze heures trente minutes. Quartier Moulay Rachid, à Casablanca. Hind, dix-neuf ans et sa soeur Nawal sortent de chez elles pour se rendre à Kissariat Essalama. Elles conversent à leur chemin. Elles sont comme deux amies, très attachées l’une à l’autre et inséparables. Nawal, l’aînée, a plus d’expérience dans la vie… Elle n’avait pas pu dire non à son ex-amant quand il voulait aller avec elle « jusqu’au bout ». Il l’a abandonné par la suite pour la laisser à son sort. Elle a souffert de cette expérience lamentable, qu’elle n’oubliera jamais. Seulement, il y a des moments où l’être dévie sans s’en rendre compte. Nul ne peut prétendre connaître la réponse exacte car chacun à ses défauts, qu’il a tendance à ignorer parfois.
Nawal et Hind marchent en discutant quand trois jeunes les abordent. Mourad, vingt-trois ans, commence à parler à Nawal et Marwane, vingt-ans, marche près de Hind. Imad, vingt-trois ans, se contente de marcher près d’eux sans dire mot. «Tu m’as plu depuis que je t’ai vu la première fois à côté de la Kissaria…et je serais très fier d’avoir une relation avec toi », affirme Mourad à Nawal. Souriante, Nawal ne répond pas. Elle regarde sa soeur, Hind, qui rougit en entendant les paroles de Marwane. Quelques mètres plus loin, Mourad demande à Nawal de lui répondre. « Je sais que tu t’appelles Nawal et je vais te dire quelque chose de sincère : tes yeux ont persuadé mon coeur au point que j’attends à chaque fois que tu sortes de chez toi pour te parler et voilà que l’occasion s’est présentée». Nawal fait une moue qui encourage Mourad. Il essaie de lui prendre la main. Elle la retire en souriant. Sa soeur écoute toujours les propos de Marwane. Elle ne baisse plus ses yeux, elle le regarde et lui parle comme s’ils se connaissaient depuis des années. Elle est allée plus loin puisqu’elle n’a pas protesté lorsqu’il lui a caressé la joue. D’un mot à l’autre, Mourad remarque que Nawal est plus facile qu’il ne le pensait. Elle commence à rigoler avec lui comme s’ils étaient de vieilles connaissances. Et même plus… « Ça serait mieux si tu m’accompagnais chez moi pour prendre un verre de thé », lui propose-t-il. Nawal garde le mutisme. Un comportement qui confirme l’accord chez les garçons.
Mourad appelle Marwane et Imad pour qu’ils le rejoignent. « Non, non, on va chez Imad moi et Hind » lui répond Marwane. Nawal regarde, bouche-bée, sa soeur. Mais elle ne peut rien dire puisqu’elle aussi a accepté d’accompagner Mourad chez lui.
Il est vingt et une heures et les deux soeurs ne sont pas encore revenues chez elles. Leur mère ne peut plus garder son sang-froid. Son coeur bat la chamade. « Où sont mes filles ? Quel mal les a possédées ?» s’interroge-t-elle. Elle sort pour aller les chercher. Vingt-deux heures, puis vingt-trois heures arrivent. Et toujours aucun signe de vie des deux soeurs. Leur mère erre dans les rues en pleurant. Et soudans elle est surprise de voir Nawal marcher avec un jeune garçon. Elle court da,s leur direction, la saisit par les cheveux. « Où est ta soeur, où se trouve ta soeur ? » crie-t-elle. Nawal se contente de crier. Sa mère la frappe sans se rendre compte du garçon qui se plante près d’elle. Il lui parle enfin : « Hind est avec Marwane chez Imad à la rue…, n°… ». Elle la tire violemment à destination de la maison de Imad. Elle y arrive, frappe à la porte. Imad ouvre, appelle Hind qui rejoint sa mère.
Les deux soeurs accompagnent leur mère à la maison. Le lendemain, elles s’adressent à la police. « Quand je suis entrée dans la chambre avec Marwane, il m’a demandé de me dévêtir. J’ai refusé. Mais il m’a giflée.
Je n’avais pas le choix. Il m’a violée…Après lui, c’est Imad qui est entré pour me violer… », déclare Hind. « Moi aussi, j’ai été victime de viol…je l’ai accompagné seulement pour faire sa connaissance … », précise Nawal. « Elles nous ont accompagné de leur plein gré », affirment Mourad et Imad qui ont été arrêtés, alors que leur ami Marwane a pris la poudre d’escampette. « Oui, on les a accompagnés chez eux » affirme l’une des deux soeurs devant la cour. « Mais nous n’avions pas l’intention de partager leur lit», précise-t-elle.
Aussitôt, Mourad décline un document devant la cour: « Nous avons établi, Monsieur le président, un acte de mariage et j’ai épousé Nawal ». Mais la cour était ferme et l’a condamné à un an de détention et Imad a écopé de deux mois de prison ferme.

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