Un fratricide à Rabat

L’affaire du meurtre qui a secoué les habitants du quartier Takaddoum à Rabat est une curieuse histoire d’un fratricide qui a entraîné la convocation de tous les membres de la famille du défunt au commissariat afin de répondre aux questions de la police judiciaire. Quatre frères ont été déférés, dernièrement, devant le procureur général près la Cour d’appel de Rabat et seul le plus jeune a été gardé en détention préventive, accusé de coups et blessures ayant entraîné la mort. Tous les membres de la famille ont déclaré qu’il s’agissait d’une mort accidentelle. Le défunt avait glissé dans les escaliers de leur maison. Mais, les enquêteurs ont découvert des traces de griffes au niveau de son cou et à partir de ce moment-là , les soupçons sur la probabilité d’un homicide prend le dessus. Les quatre frères passent donc aux interrogatoires et les investigations policières mettent en cause le plus jeune de la fratrie. Que sait-il passé au juste cette nuit-là ? Pour quelle raison Abdallah, âgé de 25 ans, sans profession, aurait tué son frère Hamid ? Quel est exactement le motif du meurtre? Selon les déclarations des autres membres de la famille, il s’agirait apparemment d’une dispute qui a mal tourné. Hamid, en l’occurrence la victime avait des problèmes psychologiques qui l’ont conduit à plusieurs reprises à l’hôpital psychiatrique El Ghazi à Salé. Alors que le défunt travaillait comme infirmier à l’hôpital des spécialités à Rabat et exerçait sa profession sans le moindre problème. Pour ce qui est des autres frères, ils sont tous au chômage. L’aîné, Mohamed avait intégré le ministère de la Santé. Peu de temps après, il change de travail et devient fonctionnaire au ministère des Droits de l’Homme. Un malentendu avec son chef de service dégénère en dispute très violente qui va le conduire devant le tribunal qui l’a condamné à six mois de prison ferme. Les voisins racontent qu’après sa libération, il était devenu très agressif. Une chose est sûre, depuis sa libération, il n’a jamais réussi à trouver un travail, il a rejoint les sans emplois pour renforcer les rangs des chômeurs de son quartier. Hassan et Karim ont continué leurs études jusqu’au lycée où ils ont été expulsés pour avoir doublé la même classe. Leurs noms sont inscrits sur la liste des chômeurs qui n’arrivent pas à trouver une occupation rémunérée. Après le décès du père, la mère avait bénéficié d’une pension mensuelle de sept cents dirhams. Une maigre rémunération pour une famille nombreuse. Le seul qui pouvait venir en aide à la famille était l’homme qui vient d’être tué, à savoir Hamid. A chaque fin du mois, c’est le même scénario qui se répète. Hamid touche sa paie, se bourre la tête avec des psychotropes, donne une petite somme d’argent à la mère et avec le reste de sa rémunération, il fait la fête avec ses copains du quartier. Il est considéré par ses voisins comme étant un brave gars qui rend facilement service sans aucune contre-partie. Mais envers les siens c’est un autre comportement. Hamid est un vrai radin et c’est la probable explication de la cause de sa mort. Pour l’instant, Abdallah a été déféré devant la justice et écroué en attendant la fin de l’instruction judiciaire.

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