Un gouvernement criblé de critiques

Dans une interview récente, Mohamed Elyazghi, adjoint du Premier secrétaire de l’USFP, a répondu aux critiques qui lui ont été adressées en rappelant que son parti ne conduit pas un gouvernement issu d’élections libres, mais une phase de transition qui devra conduire à une autre où les urnes auront leurs mots à dire dans la confection d’une véritable carte politique du pays. Et de préciser qu’en tant que parti démocrate, il ne craint pas le verdict des citoyens. En ce qui concerne son bilan, il s’est contenté de faire état de la situation qui a prévalu lors de l’avènement du gouvernement d’alternance. Un événement qui a dévoilé l’héritage lourd dans lequel se débat le pays.
Un héritage dû à la mauvaise gestion des gouvernements précédents, durant des dizaines d’années. Et de conclure que grâce au gouvernement de l’alternance, le Maroc est passé de la 126ème place en ce qui concerne les critères internationaux de développement humain, en 1998, à la 112ème place en 2001, soit dans un laps de temps ne dépassant pas trois ans. Mais, pour le premier partenaire de cette formation au gouvernement et à la Koutla, l’expérience en cours reste incomplète.
Ses atouts, selon le secrétaire général du Parti de l’Istiqlal, se résument dans quelques points comme le fait que ce gouvernement soit le fruit des longues années de lutte et de sacrifices consentis par les forces nationales et démocratiques, que la Koutla démocratique constitue son noyau dur, et que durant son mandat, il y a eu amélioration des espaces de libertés et des tentatives de redressement des établissements publics et semi-publics. Mais face à ses atouts, ce même gouvernement, reprend Abbas El Fassi, à l’occasion du 11 janvier dernier, n’est pas arrivé à répondre aux attentes de la population dans les domaines de la lutte contre la corruption, la création des postes d’emploi, la réduction des disparités sociales, ni en ce qui concerne la révision des hauts salaires et des avantages dont disposent certaines catégories socio- professionnelles. Bien entendu, ces critiques sont beaucoup moins fortes que celles avancées avant le remaniement ministériel du 6 septembre 2001. Ceci dit, pour le PPS « l’évaluation du bilan de ce gouvernement ne peut occulter une donnée stratégique dans l’analyse. Il s’agit de sa spécificité en tant que gouvernement d’alternance et de consensus dans le même temps, une situation qui lui a imposé de travailler sur la base d’un programme de compromis et non de celui de l’une de ses composantes». Mais, du côté du Rassemblement national des Indépendants, on n’entend pas cette évaluation de la même oreille.
L’action du gouvernement de l’alternance, annonce le président Ahmed Osman à l’ouverture du congrès de son parti, en novembre dernier, est lourde et manque souvent d’audace politique. Un avis partagé par plusieurs acteurs politiques, mais poussé à l’extrême par la gauche radicale. Celle-ci, particulièrement le PADS et Ennahj Addimocrati, estime que l’alternance n’est qu’un OPA sur le champ politique, dont l’objectif est d’amener les forces de l’opposition à intégrer les sphères du pouvoir, mais sans possibilité de la changer de l’intérieur.
Dès sa constitution, le 11 février 2001 à Rabat, les quatre composantes du Parti socialiste unifié (l’OADP, le Mouvement pour la démocratie, Le Mouvement des démocrates indépendants, et les acteurs de la gauche qui participent à cette coalition) avaient déclaré, dans cette ordre de logique, qu’elles «sont investies du rôle fondamental d’introduire de véritables changements pour évoluer d’un Etat makhzen à un Etat démocratique, avec ce que cela nécessite comme réformes constitutionnelles en rupture avec le passé ».
Ceci étant, dans les rangs de l’opposition parlementaire, l’accent est mis sur l’absence de communication et d’association de tous les partenaires politiques aux projets gouvernementaux. Des critiques, souvent justifiées et fondées, mais des fois sacrifiées sur l’autel de certains réflexes politiciens.

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