Un handicapé devient chômeur à cause d’un médecin du travail

Presque toutes les portes se sont fermées devant Abdelaziz Azmi. Et pourtant, il continue son errance entre les administrations de Rabat, son dossier sous les bras. Cela fait plus de 15 ans qu’il envoie des doléances à tous les départements concernés par son affaire. Il a soif de justice et il veut être rétabli dans ses droits. Une attestation du docteur Filali Benyounes, actuellement médecin en chef de l’hôpital de l’OCP à Khouribga, l’avait condamné au chômage. Les faits remontent au 12 juillet 1985. A cette date, Abdelaziz Azmi, frais bachelier en sciences économiques, passe le concours d’accès au Centre de formation administrative de l’OCP. L’ayant réussi haut la main, il est convoqué pour passer la visite médicale de routine à fin de rejoindre son poste le premier octobre de la même année. Le médecin en charge du contrôle (Filali Benyounes) le déclare, après examen, inapte au travail. Abdelaziz Azmi présente, en effet, une Cyphoscoliose qui serait secondaire à une Syringomyélie non évolutive –distorsion aiguë au niveau de la colonne vertébrale-. Du coup, l’administration de l’OCP décide de se passer de ses services. Commence alors la bataille d’Abdelaziz contre ce qu’il estime être une injustice. Il a recours à plusieurs contre-expertises réalisées par les docteurs Abdessalam El Khamlichi, président du service de Neurochirurgie à l’hôpital des spécialités à Rabat et Mohammed Jirari, Traumatologue et Orthopédiste. Ces derniers le déclarent apte à occuper un poste administratif. Leurs attestations sont corroborées par l’expertise du Professeur J. Dubousset de l’hôpital Saint-Vincent-De-Paul à Paris, qui le juge, également, parfaitement apte à effectuer un travail de bureau. L’OCP restera pourtant sourd face à ces arguments. Alors muni de ces attestations, Abdelaziz passe à l’attaque. Il décide, dans un premier temps, de porter plainte contre le docteur Filali Benyounes devant l’Ordre National des Médecins, et puis introduit, dans un deuxième temps, un recours pour excès de pouvoir au Tribunal administratif de Casablanca contre l’OCP, l’administration marocaine en la personne du Premier ministre, le ministère de l’Energie et des Mines et le ministère d’Emploi et de la Promotion sociale. En juin 2001, Abdelaziz Azmi est débouté par le Tribunal administratif qui se déclare non compétent dans cette affaire. Abdelaziz continue, sans se lasser, son périple dans les administrations. Son combat pose un problème d’ordre général à savoir l’insertion des handicapés dans le tissu économique national.

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