Un instituteur mal éduqué

“Mais qu’est-ce que tu as ma petite ?“, demande la mère à sa petite fille de dix ans qui clopine depuis quelques jours.
“ Rien maman juste des inflammations entre mes jambes“, balbutie la fillette en baissant la tête et essayant d’éviter les regards de sa mère. La mère a pensé dans un premier temps que le bikini de sa fille est trop serré. Mais son comportement lui met la puce à l’oreille. Elle porte des soupçons sur sa réponse. L’intuition de la mère ne trompe pas. Elle lui demande de s’approcher d’elle, l’interroge en sursautant : » c’est quoi cette odeur puante ?“. La fille reste coite. La mère la tire vers elle lui enlève sa jupe, lui descend le bikini, approche son nez vers sa partie intime et se surprend de ce que lui a piqué le nez et crie: « Mais qu’est-ce que tu as ma fille, c’est quoi ça ?“. La fillette garde toujours le mutisme. La crainte lui marbre le visage. La mère remarque que sa partie intime présente une teinte rougeâtre. Elle examine son bikini, remarque des taches jaunes. “Tu es malade ma petite ? Pourquoi tu ne me l’as pas dit ? L’interroge-t-elle. La fille fonde en larmes. Le lendemain, elle l’emmène chez un médecin. Il l’examine, lui pose quelques questions, garde la fille dans la salle d’attente et se retire avec la mère vers son bureau. Il lui confie :“ta fille a fait l’objet d’un harcèlement sexuel, tu dois te calmer et prendre les choses à la légère en attendant de savoir qui est l’auteur…Il ne faut pas la traiter violemment car son état psychique est lamentable… Il lui délivre une ordonnance médicale et la conseille:“ Il faut la soutenir, elle passe maintenant par une phase critique dans sa vie…”. La mère prend sa fille et quitte le cabinet du médecin avec des larmes aux yeux. Elle décide de ne pas rester les mains croisées.“ l’auteur doit être châtié”, pense-t-elle. Mardi 8 janvier. La mère se rend au commissariat de police de Hay Hassan-Aïn Chok, dépose plainte contre un inconnu. Mais, pour la police, ce qui est inconnu devra être connu. Elle entame ses investigations. Le chef de la brigade essaie de rassurer la fillette, de l’apaiser. Elle se calme, effectivement et sort de son mutisme :“ c’est l’instituteur de l’école du « Martyr Larbi El Bennay » (sise au quartier El Oulfa) qui m’a fait ça“. La mère n’a pu se convaincre de ce qui entend. Et s’exclame :“ Si Mohamed !”.
Les limiers de la police judiciaire se sont dépêchés à l’école, ce mercredi 9 janvier 2002. Ils entrent après avoir décliné leur identité. Ils font un tour dans la première salle, ils trouvent cinq élèves et une institutrice. Ils entrent à la deuxième salle, aménagée en un bureau. Il remarque un petit lit sur lequel est posé un soutien-gorge. “À qui appartient cela ? “ lui demande le chef de la brigade. “ À l’institutrice, qui enseigne aux élèves dans l’autre salle”, répond-t-il. Ils lui demandent de faire sortir les cinq élèves calmement et sans bruit et le conduisent avec l’institutrice au commissariat.
Mohamed a la quarantaine. Il est issu d’une famille pauvre d’Ouled Frej et a regagné Casablanca en 1974. Il enseigne dans des écoles coraniques. En 1991, il commence à gérer l’une d’elles à El Oulfa. C’est là que la soeur de la fillette commence dernièrement à apprendre les abc de la lecture et de l’écriture. La fillette la rejoint de temps à autre. L’instituteur lui permet d’entrer et de s’asseoir en attendant qu’arrive 17h, l’heure de la sortie des enfants. Un jour du mois de septembre, la fillette entre. Il lui demande de l’accompagner à la seconde salle. Il ferme la porte, la met sur le lit, lui enlève le pantalon et la sodomise. Depuis il s’est habitué à elle, il l’ajoute sur sa liste, à côté de quatre autres filles dont il a révélé les noms devant la police lors de son interrogatoire.

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