Un jeune sur cinq au Maroc souffre de troubles mentaux

Un jeune sur cinq au Maroc souffre de troubles mentaux

«Au Maroc, un jeune sur cinq souffre de troubles mentaux, et dans la moitié des cas les troubles ont débuté à l’âge de 14 ans».

En déclarant ce triste constat, mercredi à Rabat, dans son discours inaugural de la 2ème rencontre nationale sur la santé scolaire et universitaire, Lhoussaine Louardi a fait sensation parmi une assistance où pourtant se comptaient de nombreux médecins. «On savait les troubles présents parmi les jeunes du fait de leur vulnérabilité physiologique et psychologique, mais pas à ce point», a-t-on commenté après l’allocution du ministre de la santé. Mais les chiffres sont têtus et ceux de l’OMS ont, en plus de l’avantage d’être objectifs, celui d’être corroborés par des études internes.

Elles établissent, ces études, que 48,9% des plus de 15 ans sont atteints de troubles mentaux plus ou moins graves, et que cela est dû à un mode de vie malsain comme la malnutrition et l’inactivité. Elles montrent également que ce faux départ dans la vie est grave de conséquences : «Le tiers des décès et les deux tiers de la charge de morbidité à l’âge adulte sont dus à des maladies ou à des comportements malsains du jeune âge».

Or, 16% des élèves âgés de 13 à 15 ans fument, 6% consomment de l’alcool et 4% de la drogue. De surcroît, 15% sont en situation de surpoids, 82% n’ont quasiment pas d’activité physique et 30% ont été victimes de violences. Et est-ce une conséquence? -14% ont tenté de se suicider.

Voilà pour le constat. Parce qu’il est inquiétant en ce que non seulement il obère le présent, mais encore obstrue les perspectives d’avenir, le ministère préconise une stratégie qui agit autant sur les causes de  l’existant que sur ses prolongements futurs.

Louardi parle «de promouvoir les prestations préventives et éducatives, le dépistage et la prise en charge précoce ; de contribuer à la mise en place d’un environnement générateur de comportements sains et de faire participer les jeunes aux actions engagées».

En même temps que cette démarche participative, il prône une approche multidimensionnelle et un partenariat de tous les instants entre les départements de la santé, de l’éducation nationale et de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur, de l’intérieur et de la jeunesse et des sports.

Le ministre veut aussi aller plus loin sur la voie qui a déjà permis de réaliser 22 centres de référence en santé scolaire et universitaire, 30 centres médicaux universitaires et 32 espaces de santé pour jeunes. Et, qui a également débouché sur la mise en place de structures et de services spécialisés en santé mentale et en lutte contre les addictions.

Les moyens prévus pour réaliser cet objectif sont multiples. D’abord l’intégration de la consultation en santé mentale dans 83 établissements de soins primaires, la création d’une spécialité de pédopsychiatrie dans les CHU et celle de 6 centres d’addictologie dotés d’un stock de médicaments d’une valeur de 52 millions de dirhams. Ensuite le cadre légal et juridique. Pour mener à bien sa mission, le ministère propose de dépoussiérer le dahir de 1959 «relatif à la prévention et aux traitements de maladies mentales et psychologiques».

Ces  objectifs sont jugés si essentiels qu’ils ont été continués dans le plan d’action intersectoriel pour l’année qui court. Les principales orientations du document recommandent en effet le renforcement du partenariat, l’extension des actions de promotion de la santé des jeunes, celle des prestations de manière à y inclure les étudiants étrangers, l’amélioration des prestations aux handicapés et l’accentuation du suivi, de l’évaluation et des études dans le domaine de la santé scolaire et universitaire.

Et c’est précisément à les expliquer que s’est attachée la rencontre tout au long de l’après-midi de mercredi. Après avoir fait le point de l’existant, elle s’est en particulier essayée à «fournir des orientations sur la promotion et le partenariat public-public aux niveaux régional et provincial».

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