Un Marocain à la tête du Conseil français du culte musulman

Un Marocain à la tête du Conseil français du culte musulman

C’est un Marocain qui succédera à l’Algérien Dalil Boubakeur à la tête du Conseil français du culte musulman (CFCM), l’instance représentative de l’Islam en France, deuxième religion du pays avec cinq millions de fidèles. Michèle Alliot-Marie, la ministre française de l’Intérieur, également chargée des Cultes, a été la première à adresser ses félicitations au nouveau président du CFCM. Elle s’est réjouie de ses «qualités d’homme de paix et de tolérance» et a ajouté : «Il vous appartient de maintenir et de faire vivre cet esprit de rassemblement en recherchant en toutes circonstances l’union et la concorde entre tous les musulmans de France». La responsable a par ailleurs salué en la personne de M. Moussaoui «un homme de consensus», soulignant la large adhésion dont il a bénéficié lors du scrutin.
Pour rappel, les différentes composantes du CFCM s’étaient entendues sur une liste unique, près de deux semaines d’intenses discussions qui ont suivi le scrutin du 8 juin dernier pour désigner les représentants de l’Islam en France.
Plus de 80% de participation au scrutin du 8 juin ont placé les Marocains du Rassemblement des musulmans de France nettement en tête. Le RMF a obtenu 20 sièges au conseil d’administration du CFCM. L’UOIF a obtenu 13 sièges et le Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF), 4 sièges. L’élection du président du Conseil français de culte musulman est l’épilogue d’une série de péripéties qui ont menacé la tenue même du scrutin: la Fédération de la Grande Mosquée de Paris avait en effet décidé de les boycotter pour protester contre le mode de désignation du corps électoral, et l’Union des organisations islamiques de France (UOIF, considérée comme proche des Frères musulmans) avait menacé un moment d’en faire autant. Ces mouvements représentent des sensibilités diverses en fonction des pays d’origine et de la pratique religieuse mais tous sont d’accord pour rénover le CFCM auquel il est reproché de n’être ni efficace ni représentatif de l’ensemble de la communauté musulmane. Les composantes du CFCM doivent maintenant constituer le bureau exécutif. Il était jusqu’ici présidé par Dalil Boubakeur, représentant traditionnel des musulmans algériens alors que les Marocains pratiquants se montrent plus nombreux et plus actifs.
Le programme de la nouvelle équipe prévoit de mettre en place une dizaine de commissions, concernant la formation des imams, la construction de mosquées, l’enseignement, la viande halal et l’abattage rituel, le pèlerinage, et aussi la réforme du mode électoral. La France compte près de 5 millions de musulmans dont 5% sont des pratiquants réguliers. Il y aurait 1,5 million d’Algériens de nationalité ou d’origine, 1 million de Marocains, 400.000 Tunisiens, 340.000 Africains subsahariens (du Sénégal et du Mali principalement), 313.000 Turcs, 70.000 musulmans d’Asie, sans compter les convertis et les musulmans sans-papiers. Maintenant, est-il besoin de présenter Mohamed Moussaoui ? M. Moussaoui, âgé de 44 ans, est en cours de naturalisation française. Homme de consensus, agrégé de mathématiques, M. Moussaoui est également polyglotte parlant le français, l’arabe, le berbère et l’anglais.
Maître de conférences à l’université d’Avignon, il siège au conseil d’administration du CFCM depuis sa création en 2003 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, était le seul candidat pour ce poste. «Ma fonction d’enseignant chercheur ne me permet pas de dégager beaucoup de temps et je suis loin de Paris», avait-il déclaré, ajoutant : «De nature je suis plus à l’aise pour travailler dans la discrétion qu’exposé». Mais en avril, après discussions avec les autres fédérations des mosquées, il ressort comme « le candidat qui saurait suffisamment s’ouvrir sur les autres composantes ».    

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