Un mégot serait à l’origine de l’incendie de Lissasfa

Un mégot serait à l’origine de l’incendie de Lissasfa

«Les modifications non autorisées, entreprises par le propriétaire de l’usine de matelas à Casablanca qui a été ravagée samedi par un incendie ayant fait un grand nombre de morts et de blessés parmi les salariés, ont été parmi les facteurs ayant entravé l’intervention des services de la protection civile et leur action pour maîtriser le feu à temps», a indiqué le ministre de l’Intérieur, Chakib Benmoussa.
M. Benmoussa a souligné dans une réponse lue en son nom par le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Jamal Rhmani, mardi lors de la séance des questions d’actualité à la Chambre des conseillers, que le propriétaire de la société Rosamor a entrepris ces travaux sans avoir obtenu les autorisations nécessaires, ce qui a constitué un facteur ayant entravé les efforts visant à circonscrire le feu. «Le propriétaire de la société, poursuit le ministre, a démoli le mur séparant l’atelier de menuiserie et le couloir menant vers la sortie et l’étage supérieur, a annexé le parking à l’atelier, a barricadé toutes les fenêtres et les couloirs et a construit un étage supplémentaire au niveau de la terrasse qu’il utilisait comme dépôt de matières premières».
«L’immeuble, abritant la société, a été construit en 2002, et a subi plusieurs transformations en 2007, à savoir des travaux au rez-de-chaussée et la construction des 2è et 3è étages», a ajouté M. Benmoussa, précisant que le propriétaire a obtenu un certificat de conformité au plan d’aménagement le 7 avril dernier et l’autorisation d’exploitation le 14 novembre 2007. Selon le ministre, les services spécialisés au niveau de l’arrondissement de Hay Hassani avaient rédigé le 4 avril dernier un PV relatif à des travaux de construction non autorisés sur un terrain nu et la mise en place d’une toiture en zinc, et adressé, le 14 avril 2008, au propriétaire de ladite société, un avis urgent d’arrêt des travaux non autorisés.
Par ailleurs, les services d’inspection du travail avaient adressé, en 2007, un courrier au gérant de l’usine qui avait été arrêté en compagnie du propriétaire de Rosamor et deux salariés pour attirer leur attention sur le non-respect des conditions de préservation de la santé et de la sécurité des employés, a-t-il ajouté. Les travaux effectués au niveau de l’usine et d’autres facteurs ont entravé l’intervention des éléments de la protection civile, en raison de la présence de l’atelier de menuiserie au rez-de-chaussée, rendant ainsi impossible l’accès par le côté sud au même titre qu’une grande quantité de matières premières entreposés dans les couloirs et au niveau des escaliers, ce qui a freiné l’action des sapeurs-pompiers, outre la violence de l’incendie et sa vitesse de propagation en raison de la présence d’une grande quantité de matières hautement inflammables, de l’absence des issues de secours et de la faiblesse du débit de l’eau, a expliqué le ministre. Concernant les mesures décidées à la lumière des premières investigations, M. Benmoussa a indiqué que conformément aux Hautes instructions de SM le Roi Mohammed VI, une commission interministérielle, présidée par le ministre de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles technologies et comprenant les départements ministériels concernés et les représentants des opérateurs économiques y compris les secteurs bancaire et des assurances a été mise en place et chargée de proposer les mesures réglementaires ainsi que les dispositifs de mise en œuvre, visant à renforcer les normes de sécurité et de prévention dans les unités industrielles et des services.
Le ministre a, en outre, indiqué que l’enquête a révélé jusqu’à présent que cette unité industrielle, classée dans la 3ème catégorie, employait 130 salariés, dont 50 femmes, précisant que seuls 9 salariés sont déclarés alors que le reste a été recruté via deux sociétés intermédiaires. Selon lui, l’incendie qui n’a été maîtrisé que 8 heures après son déclenchement, a fait 55 morts et 17 blessés légers. Trente six corps ont été identifiés et remis à leurs familles pour inhumation aux frais de l’Etat conformément aux Hautes instructions Royales, alors que les autorités compétentes poursuivent les efforts pour identifier les 19 corps restants, a-t-il dit.
Et de conclure que le gouvernement veillera, dans le cadre de la méthodologie de communication adoptée, à informer l’opinion publique des développements de cette affaire et du déroulement de l’instruction.
De son côté, M. Rhmani a indiqué que son département a pris, après cette catastrophe, une série de mesures d’urgence notamment la tenue, dimanche prochain à Rabat, d’une réunion des délégués de l’emploi à l’échelle nationale, et des responsables des services sociaux et des services d’inspection du travail, ainsi que la poursuite de la mise en œuvre du programme d’accompagnement social des entreprises marocaines en partenariat avec les opérateurs économiques et sociaux.
«Les salariés de Rosamor sont tous affiliés à la Caisse Nationale de sécurité sociale (CNSS)», a-t-il dit, soulignant qu’une cellule de crise a été mise en place conjointement entre le ministère et la CNSS pour s’en assurer. «Il sera procédé, dans les plus brefs délais, au versement des indemnités réglementaires aux ayants droit», a-t-il assuré.

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