Un membre de la Cosa Nostra arrêté

«Vinciguerra Maurizio est accusé d’appartenir à une organisation mafieuse, Cosa Nostra,en action à Piazza, Armerina et Enna. Aussi, dans le but de s’assurer la suprématie de l’organisation, n’hésite-t-il pas à entreprendre l’élimination physique de ses adversaires. Il est accusé d’être auteur d’homicide avec préméditation de Minacapilli Giovanni et Di Franco Orazio qu’il a étranglé puis brûlé le corps. Prière à celui qui localise le prénommé Vinciguerra Maurizio de contacter les services concernés. En cas d’arrestation, la demande de son extradition ainsi que la documentation rituelle seront transmises par la voie diplomatique ». Une copie de ce télégramme a été reçue par la Brigade antigang du service préfectoral de la police judiciaire de Casablanca. Des réunions ont été effectuées pour mettre en place un plan d’investigations. Il ne s’agit évidemment pas d’un simple criminel. Tous les points frontaliers du Royaume ont été contactés. La réponse : aucune personne répondant au portrait de Vinciguerra Maurizio n’a été identifiée. La BAG a reçu pendant plus d’un mois des centaines d’informations mais qui n’ont servi à rien.
Fin octobre. Un indice révèle une importante information : un Italien occupe l’appartement n°2 situé à l’immeuble n°3 rue 1, quartier Smara, Hay Mohammadi, préfecture Hay Mohammadi-Aïn Sebaâ, Casablanca. Il circule à bord d’une motocyclette immatriculée sous le numéro 12341-A-7.
Dimanche 4 novembre. Dans l’après-midi, renforcée par les éléments de la Brigade Mobile des Interventions et des Enquêtes, la BAG s’est dépêchée, sur les lieux. La motocyclette est garée près d’une laiterie du quartier. L’Italien trouve dans son appartement, concluent les enquêteurs qui mènent une surveillance depuis une demi-heure. À travers son talkie-walkie, le chef de la brigade alerte ses éléments : « Le voilà qui sort, ne le ratez pas, soyez prudents et calmes, il est peut-être armé ». L’Italien s’est dirigé vers sa motocyclette. Les policiers le suivent.
À peine a-t-il voulu prendre sa motocyclette, qu’ils lui ont mis la main dessus. Ils l’ont fouillé. Deux morceaux de haschisch de quatre grammes chacun étaient dans sa poche. Les papiers de la motocyclette sont au nom de M’barka Zouheir, une Marocaine séjournant en Italie depuis des années. Elle vit en concubinage avec Vinciguerra depuis dix ans. Le lendemain, lundi 5 novembre à 10h du matin, les enquêteurs ont entamé la perquisition de l’appartement. Dans une armoire, ils ont trouvé un passeport italien portant la photo de Vinciguerra Maurizio ayant le numéro 890943 B, au nom de Volo Massimo, né le 9 août 1975 à Enna. Maurizio a été reconduit au commissariat. Il avoue : « J’étais arrêté en février 2000, par la police italienne à Caltanissetta ». Après un mois de détention provisoire, il a été libéré et mis sous surveillance. On lui a confisqué son passeport. Son voisin et ami, Volo Massimo, voyage le plus souvent au Maroc. « Je dois avoir son passeport », se dit-il. A la première occasion, il le vole et change la photo. Mbarka lui a délivré les clés de son appartement sis au quartier Smara. Vinciguerra a pris le train depuis Milano à destination d’ Algésiras via la France. Il entre clandestinement au Maroc par les sentiers des trafiquants. il arrive à Casablanca pour séjourner dans l’appartement de sa maîtresse. De temps à autre sa famille et son amante lui envoient de l’argent pour se nourrir, se vêtir et se droguer.

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