Un mineur violé par un marchand ambulant

«Je suis innocent, M. le président… », déclare à haute voix Allal. Est-ce vrai ? Personne ne peut y répondre, sauf Adil. Il a six ans et a subi des sévices sexuels qui l’ont marqué à jamais. Allal, quarante-deux ans est père de quatre enfants, dont le benjamin a l’âge d’Adil. Il a fuit la misère d’une localité, jouxtant Jemaât S’hayme, pour regagner Casablanca il y a une vingtaine d’années. Il s’est installé dans les carrières de Sidi Othman pour y fonder un foyer et avoir des enfants. Bien qu’il soit marchand ambulant, il est apprécié par ses voisins. On ne lui reproche rien. Il les respecte, les apprécie, les sert à l’occasion et les traite comme des amis. Et les enfants ? Il les traite aussi comme les siens, il n’a jamais frappé l’un d’eux et n’oublie pas de temps en temps de leur distribuer des bonbons et des gâteaux. « Mais pourquoi Adil t’a accusé toi et non une autre personne ? », lui demande le président de la cour. C’est une interrogation qui hante également l’esprit de tous ses voisins et amis. Allal, lui aussi, ne trouve pas de réponse. Il se contente de baisser sa tête sans dire un mot. Ne tente-t-il pas seulement de maquiller son vice ? Adil a, certainement la réponse. Quand il a été appelé par le président de la cour, Il n’était pas seul, il était en compagnie de sa mère. La loi oblige un mineur, victime ou auteur de délit ou de crime, à être accompagné d’un parent ou tuteur. «Approche, mon petit…», lui demande le président de la cour; le petit n’arrive pas à parler. Il semble qu’il ne peut pas répondre en public. Le président lui a demandé une chaise. Adil y est monté pour qu’il arrive à parler à voix basse avec le président sans qu’il soit entendu par l’assistance. Il semblait qu’il lui raconte l’histoire comme il l’avait relatée aux enquêteurs de la police judiciaire : «J’étais seul dans la rue quand Allal m’a appelé et m’a demandé de l’accompagner pour m’acheter un gâteau…», affirme-t-il . Avec l’innocence d’un enfant , Adil a traîné ses pas derrière lui, jusqu’à l’épicerie du quartier. Il lui a acheté des bonbons et un gâteau avant de le mener vers un terrain vague. Là, il lui a enlevé son pantalon et a commencé à faire des attouchements. Après quoi, il a déboutonné son propre pantalon et a commencé à lui enfoncer son sexe jusqu’à satisfaire son instinct bestial. Adil n’a pas réagi, parce qu’il était absorbé par ses bonbons et son gâteau. En rentrant chez lui, Adil a raconté ce qui lui a fait Allal à sa mère. Hors d’elle, la mère a informé son époux, qui s’est rendu chez Allal pour le menacer. Les reproches ont cédé la place aux mains et la police est intervenue pour mettre fin à la bagarre. « Tout est faux, Mr le président, il ment…je n’étais jamais avec lui ce jour et je ne lui ai rien acheté…», a déclaré Allal devant la cour qui s’est trouvée obliger de convoquer l’épicier. «Il était en compagnie de Adil et lui a acheté des bonbons et du gâteau…», atteste l’épicier. Et Allal n’a cessé de nier avoir acheté à Adil quoi que ce soit chez l’épicier. Pourquoi ce dernier ment-il ? Pour quelle raison ? Allal reste la tête baissée. La cour a considéré que toutes les circonstances mettaient en cause Allal et l’a jugé coupable pour le condamner à 6 ans de réclusion criminelle.

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