Un modèle des constructions anarchiques

Douar El Hajja à Rabat. Un quartier complètement composé d’habitations hors normes. Un modèle des constructions anarchiques dans la capitale du Royaume. Situé entre le quartier Takkadoum et El Youssoufia, pas loin de la rive de Bouregreg, à proximité de la zone industrielle, le quartier, niché sur une colline, est pratiquement inaccessible, hormis le seul prolongement de la route principale qui traverse le quartier Takkadoum. En plus, le surpeuplement, engendré par la location de chambres à des familles entières, provoque un tas de problèmes. Ce quartier, qui était, dans les années quatre-vingts, un quartier-dortoir calme, est devenu, au fil des années, un environnement de la délinquance, de la débauche et de la criminalité.
Les ruelles en escalier et des escaliers dans les constructions. Des maisons érigées en cinq étages, sans plan de construction, à côté d’autres bâties en deux, ou en trois étages, sans oublier les rez-de-chaussée. C’est le désordre, sous toutes ses formes. Un ensemble d’habitations anarchiques qui ne tiennent nullement compte des normes de la construction en milieu urbain.
Cette anarchie dans la construction n’est pas sans risques pour les habitants du quartier. En effet, certaines habitations menacent ruine, notamment pendant la saison d’hiver, avec les fortes pluies qui s’abattent sur la région. Les ruelles se transforment en petits ruisseaux transportant des détritus, des sacs en plastique. Parfois, les eaux envahissent les demeures situées au bas de la colline. L’architecture anarchique du quartier ne permet pas non plus le passage des engins de ramassage des ordures ménagères. Les habitants sont obligés de transporter leurs poubelles jusqu’au bord de la route du passage du camion, soit des centaines de mètres dans certains cas. S’ils ratent le fameux passage, les poubelles, de grands sacs en plastiques, restent sur place jusqu’au lendemain, dégageant des odeurs nauséabondes qui agressent l’odorat des habitants. Ceci, en plus des points noirs qui abondent un peu partout dans le quartier. Plusieurs familles ont quitté les lieux, en acquérant un logement ailleurs, notamment à Sala-El Jadida. Mais, les autres n’ont pas tous les moyens pour déménager. « Le quartier est devenu inhabitable. En plus de la malpropreté, l’insécurité y sévit. Il faut rentrer tôt le soir pour éviter les problèmes », affirme un vieux du quartier. Les cas de constructions anarchiques dans nos villes, comme douar El Hajja, sont légion.
Certains portent des noms des plus cocasses. Une autre faille de la gestion de la chose locale pendant plusieurs années. Le permis de construire est l’acte par lequel les autorités publiques, notamment la commune, constatent a priori que des projets de construction peuvent être autorisés au regard des différentes dispositions législatives ou réglementaires auxquelles ces constructions peuvent être assujetties. IL est délivré en fonction de normes techniques et non en considération de la personne qui en devient titulaire, pour une raison ou une autre, ou à l’approche des échéances électorales.

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