Un nouveau bras de fer

Soutenus par les islamistes dans plusieurs établissements et régions du Royaume, les trois syndicats de l’Enseignement primaire et secondaire, FEA (Fédération autonome de l’enseignement), FNA ( Fédération nationale de l’enseignement) et SNE ( Syndicat national de l’enseignement), appartenant à l’Union générale des travailleurs du Maroc ( UGTM), l’Union marocaine du travail ( UMT) et la Confédération démocratique du travail ( CDT) ont décidé, récemment, d’entamer une grève générale du 14 au 17 mai 2002.
Selon des sources proches du Bureau national du SNE, les négociations entre le gouvernement et les syndicats, qui ont duré trois semaines, se sont arrêtées à mi-chemin. Elles avaient, en effet, franchi plusieurs étapes et abouti à des accords de principe relatifs à certaines dispositions du statut, notamment en ce qui concerne la promotion à l’échelle 11 pour les enseignants de l’Enseignement fondamental, la réduction de la période nécessaire pour la promotion de quelques échelles, comme celle du 6 à 7, de 10 ans à 6 ans. A cela s’ajoute la création d’échelons, en dehors de la grille des échelles et l’amélioration des conditions de travail. Certes, autant de mesures nécessaires, mais pas suffisantes pour préserver la paix sociale et écarter l’éventuel recours à la grève.
Bien entendu, la goutte qui a fait déverser le vase, n’était autre que l’enveloppe budgétaire consacrée aux allocations. Alors que les syndicats exigeaient une enveloppe non moins du seuil de 4,5 milliards de dirhams, répartis sur quatre années, le ministère des Finances, de l’Economie, du Tourisme et de la Privatisation, s’est déclaré dans l’incapacité de franchir le seuil des 2 milliards de dirhams. Une enveloppe qui se traduit, pour les enseignants, par l’octroi d’une somme mensuelle de 400 dirhams. Une offre qui ne répond pas aux exigences des enseignants. Faute de consensus, le débrayage devient incontournable. Dans un communiqué publié, à cette occasion, les syndicats précités ont fait endosser la responsabilité de l’échec des pourparlers avec le gouvernement au ministre de l’Economie et des Finances. Forts d’une unanimité, dans la contestation, ils ont porté à la connaissance de l’opinion publique qu’en cas de maintien du statu quo et si le gouvernement ne réponde pas à leurs doléances, ils seront dans l’obligation d’entamer de nouveaux mouvements de débrayage, y compris le boycott des examens. Dans le même ordre, ils ont appelé à des manifestations devant les sièges des délégations provinciales du ministère de l’Education nationale, pour ce 14 mai, le premier jour de la grève.
Le 16 du même mois, les dirigeants des trois syndicats tiendront une conférence de presse au siège de la FAE à Rabat. Entre temps, la CDT a appelé, à travers son Bureau exécutif, à une grève générale «en vue de la défense des intérêts des travailleurs marocains et la satisfaction de leurs revendications».
Une décision qui pourrait avoir des répercussions néfastes sur l’avenir politique immédiat des socialistes au gouvernement.

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