Un plan contre l’abandon scolaire

Un plan contre l’abandon scolaire

Une fierté méritée. Anis Birou, secrétaire d’Etat chargé de l’Alphabétisation et de l’Education non formelle se montre satisfait des résultats de l’expérience-pilote de lutte contre la déscolarisation qui sera, généralisée. Il est vrai que c’est une priorité qui tient à cœur à M. Birou: «Nous avons réussi à réduire l’abandon scolaire de 19% en appliquant une approche au cas par cas». Pas de secret, c’est de méthode et de persévérance dont il s’agit. «La problématique de la déscolarisation est assez sérieuse. En 2004, nous avions constaté que 6,8% des enfants quittaient l’école. La déscolarisation coûte au Maroc 1% du PIB et face à cela, il fallait réagir», déclare à ALM M. Birou. C’est donc l’action qui prend le relais de la volonté.  Des cellules de veille se sont installées, en 2006, dans1000 établissements scolaires dans quatre académies régionales. Ces nouvelles unités sont présentes actuellement dans 72% des écoles. Un taux qui devrait atteindre 90%, cette année, et, suivant cette cadence, il pourra aisément franchir les 100% d’ici 2008. Leur mode d’emploi : prévenir l’abandon scolaire en identifiant les élèves qui en sont menacés. Les origines semblent parfois être futiles, mais encore est-il qu’elles privent des milliers d’enfants d’aller à l’école et donc d’avoir un avenir. Cette sensibilisation, pour qu’elle soit efficace, elle a été confiée aux élèves scolarisés. Ce sont eux, en effet, qui jouent un rôle primordial dans toute l’opération. 
Bilan et perspective. C’est de cela qu’il s’agit, aujourd’hui à Rabat, pour les partenaires de cette expérience, le secrétariat d’Etat et l’UNICEF (bailleur de fonds) qui se donnent rendez-vous à l’Institut supérieur de la magistrature dès 8h30. Il sera question d’une rencontre nationale durant laquelle sera lancée officiellement la généralisation de l’opération «Recensement des enfants non scolarisés et déscolarisés par les enfants scolarisés». C’est un pas de plus dans la mise en œuvre de l’Initiative nationale pour le développement humain et dans l’application de la stratégie du gouvernement en matière d’alphabétisation et d’éducation non formelle. Plus de 150 personnes réunissant participants et invités (départements gouvernementaux, organismes nationaux et internationaux et responsables éducatifs) feront le déplacement pour partager leur expérience.
Partager mais aussi tracer ensemble le chemin de l’opération. Bientôt, toutes les régions du Royaume pourront en profiter au niveau de la totalité des écoles primaires. Une opération à laquelle devraient adhérer toutes les parties liées de près et de loin au problème de l’abandon scolaire et de la non-scolarisation. Car la sensibilisation doit préparer son terrain pour mieux atteindre la cible. Plus de 3,7 millions d’élèves sont visés et plus de 500.000 élèves de la sixième année du primaire, acquis à cette cause, seront formés aux techniques de sondage et d’entretiens.
Dans cette opération, 70.000 élèves seront chargés d’effectuer des entretiens de recensement de plus d’un million d’élèves non scolarisés et déscolarisés. L’effectif des enseignants et des directeurs d’écoles qui s’acquitteront de la mission de l’encadrement sur le terrain sera, lui, de 14.000. Plus question de laisser des enfants sans école, ce sera difficile mais pas impossible. L’opération est à la fois conséquente, puisqu’elle réintègre des enfants déscolarisés au système scolaire, et préventive, grâce à la sensibilisation aux conséquences de l’abandon scolaire. Les partenaires veulent relever le défi.

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