Un plan global pour l’environnement

Comme tout pays en quête de progrès économique et social, le Maroc est confronté à un grand nombre de défis en matière de développement durable. Un développement qui ne peut désormais se faire sans l’implication du souci environnemental dans toute démarche, dans toute politique de développement qui se veut durable.
Dans ce sens, de nombreux plans, à caractère interventionniste, ont vu le jour de par le passé. Des programmes qui visaient la sauvegarde et le développement des ressources naturelles et l’amélioration du cadre de vie des populations. Leur nature même de projets isolés, sans cohérence ni interaction entre ses acteurs et les populations concernés a été la cause de l’échec, quasi total, de ces initiatives.
Le Plan d’actions national pour l’environnement (PANE), dont la somme a été publié récemment par le Département de l’environnement du Ministère de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme, de l’habitat et de l’environnement, se veut un moyen de pallier cette déficience. Ceci, en inscrivant l’action pour l’environnement au Maroc dans un processus à longue haleine. Une lecture de ce document révèle que de projets disparates, le ministère de tutelle compte à l’avenir regrouper ses actions, au nombre de 166 mesures envisagées et présentées sous forme de fiches-actions, dans un cadre global à travers lequel la communauté peut concevoir et utiliser ses ressources de manière efficiente. Un cadre perçu comme un outil dynamique et évolutif dans la mesure où il permettrait d’adapter toute stratégie environnementale aux nouvelles donnes qui peuvent se poser. Il s’agit d’une grande nouveauté en la matière et du résultat de plusieurs études et ateliers, animés par des spécialistes marocains en collaborations avec instances onusiennes : le Programme des Nations unies pour le développement et le Fonds des nations unies pour la population.
S’articulant sur sept chapitres, le PANE établit une description générale de l’état de l’environnement au Maroc. Un état caractérisé par une forte pression démographique avec un taux de croissance naturelle de 1,73% et une population de plus en plus citadine (54%). Un quart de cette frange de la population vit en surpeuplement (plus de 3 par pièce). A cela s’ajoute plus de 90% de la population rurale qui demeure en marge de tout développement. Des logements sur occupés et sous équipés, des conditions de salubrités très critiques…tel est son lot. Les secteurs d’activités majeures dans toutes les régions du pays, qu’elles soient urbaine, péri-urbaines ou rurales, restent fort polluantes. S’agissant de l’agriculture, l’utilisation non réglementée et abusive des produits phytosanitaires et des engrais et l’insuffisance en eau font que l’érosion, la pollution des nappes d’eau et la salinisation des sols battent leur plein. Il en va de même pour la pêche qui a longtemps subi les affres des flottes étrangères et de l’industrie qui, même si sa participation au PIB n’est que relative (17.4%), contribue dangereusement à la nuisance et la pollution de l’environnement. Les industries marocaines rejettent environ 964 millions de m3 par an d’eaux résiduaires, 800.000 tonnes/an de déchets solides et 4 millions de tonnes par an d’émission de CO2, en plus d’autres gaz polluants.
Des chiffres alarmants et un besoin urgent d’actions. Des actions, regroupées tous azimut dans le PANE, qui nécessitent l’implication de ses différents protagonistes, dont les département et organismes publics, les collectivités locales, le secteur privé, les universités et ONGs, sont appelés à jouer un rôle de première importance. Il y va de notre futur à tous.

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