Un préscolaire de qualité passe par des éducateurs bien formés

Un préscolaire de qualité passe par des éducateurs bien formés

Outre les moyens financiers et les infrastructures nécessaires

La qualité de l’éducation de la petite enfance a été au cœur d’un colloque africain organisé les 4 et 5 décembre à Casablanca par le bureau de l’Unesco pour le Maghreb. Ce colloque qui a réuni les hauts responsables et techniciens de 19 pays africains vise à répondre aux deux cibles de l’Objectif du développement durable sur l’éducation (ODD4). Il s’agit d’ici à 2030 de faire en sorte que toutes les filles et tous les garçons aient accès à des activités de développement et de soins de la petite enfance et à une éducation préscolaire de qualité qui les préparent à suivre un enseignement primaire. L’autre priorité majeure est d’accroître considérablement le nombre d’éducateurs et éducatrices qualifiés d’ici à 2030, notamment à travers la coopération internationale dans le domaine de la formation. Au Maroc, sur Hautes  instructions royales, le préscolaire s’est hissé en tant que mesure d’urgence pour renforcer les programmes d’appui à la scolarisation et ceux de la lutte contre les déperditions scolaires.

Le Maroc a ainsi lancé le 18 juillet 2018 le Programme national de généralisation et de développement du préscolaire. Piloté par le ministère de l’éducation nationale, le programme national ambitionne de généraliser le préscolaire sur une période de 10 ans. A noter que dans le  cadre de son plan d’action 2019-2022, le ministère de l’éducation nationale s’est donné pour objectif d’atteindre un taux de 57,50% en 2019-2020 au niveau de la scolarisation des enfants d’âge préscolaire, 61,71% en 2020-2021 et 67% en 2021-2022. Pour assurer et généraliser un préscolaire de qualité, il faut non seulement les moyens financiers mais aussi d’importantes ressources humaines  et les infrastructures nécessaires pour accueillir les enfants. La réalisation de ce programme nécessitera 58.000 classes supplémentaires.

Par ailleurs, Il est prouvé qu’une formation et un soutien de qualité des enseignants, la reconnaissance de leurs efforts, et des conditions de travail décentes ont un impact positif sur les capacités, les rendements, les motivations et les pratiques des enseignants. Ainsi, le développement professionnel et le soutien à l’égard des éducateurs  représentent un impératif de qualité. C’est dans ce sens que le Maroc s’est attelé à la remise à niveau de 27.000 éducatrices et éducateurs, ainsi que la formation de 58.000 nouveaux éducateurs prévue sur toute la période 2018-2028. Or, la réalité fait que de nombreux éducateurs et éducatrices du préscolaire sont mal préparés à leur fonction, mal payés et manquent de reconnaissance et de conditions professionnelles. L’autre obstacle majeur a trait aux disparités entre le milieu urbain et rural qui persistent. Les milieux ruraux et les zones enclavées sont de loin les plus lésés.

Il y a un manque d’éducateurs et éducatrices qualifiés, dans ces  régions reculées, rurales et marginalisées . Cette situation est problématique, car ce sont notamment les enfants de ces régions qui ont les besoins les plus pressants d’une éducation préscolaire de qualité susceptible de compenser le manque et la précarité auxquels ils sont confrontés. Ces différents constats montrent qu’il est aujourd’hui urgent  de prendre conscience du rôle crucial des éducateurs et éducatrices dans l’élaboration d’une assise solide pour les apprentissages ultérieurs et le bien-être et l’épanouissement des enfants. Même en présence des meilleures conditions matérielles dans les structures d’EPE, les jeunes enfants ne pourront bénéficier d’un apprentissage de qualité en l’absence d’éducateurs et éducatrices attentifs, réactifs, bien formés et motivés dans la salle de classe.

D’où la nécessité d’orienter l’investissement vers la formation de ces éducateurs et éducatrices, et l’amélioration des conditions de travail, ainsi que le développement de leurs parcours professionnels et carrières. Pour rappel, selon les chiffres du ministère dévoilés en juillet dernier, le nombre d’enfants bénéficiaires du programme est passé de 699.265 en 2017-2018 à 799.937 enfants en 2018-2019, soit 55,76% des enfants d’âge préscolaire.

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