Un projet d’accompagnement des personnes en souffrance psychique

Un projet d’accompagnement des personnes en souffrance psychique

Les personnes atteintes de maladies mentales souffrent de l’isolement et se voient exclues de la famille et de la société. Cet isolement est sans aucun doute la pire attitude à adopter à leur égard. L’accompagnement des malades mentaux est plus que jamais indispensable. C’est pourquoi l’Association Al Balsam souhaite initier un programme d’accompagnement personnalisé et individualisé des personnes malades et créer un  centre d’accueil et d’accompagnement. «Le traitement médicamenteux reste insuffisant, le malade a besoin d’être accompagné dans la mesure où l’isolement constitue un facteur handicapant pour son rétablissement», affirme Nadira Barkalli, présidente de l’Association Al Balsam avant d’ajouter  que «à travers  cette structure d’accompagnement, nous voudrions fournir des services à nos malades et les aider progressivement dans la réinsertion sociale et professionnelle.Nous sommes actuellement dans la phase de prospection. Nous souhaitons entamer ce projet par une première phase d’accompagnement grâce à l’aide d’un éducateur spécialisé de Genève. Cela dit, nous ne disposons pas de moyens pour financer son travail, c’est pourquoi nous voulons conduire une enquête auprès des parents pour savoir si le  projet les intéresse et s’ils sont en mesure de prendre en charge les frais d’accompagnement de leur enfant».   
Les maladies mentales intègrent un très large éventail de pathologies qui comprend les dépressions, la schizophrénie, la démence, les névroses et autres.  «La schizophrénie touche 1% de la population au Maroc, soit près de 300.000 personnes. Les troubles bipolaires concernent quant à eux 300.000 à 400.000 Marocains», indique la présidente de l’association.
Des chiffres alarmants d’autant plus que les infrastructures  psychiatriques font cruellement défaut. Rappelons que la majorité des structures ont été mises en place pendant la période coloniale. Depuis l’indépendance du pays, peu d’infrastructures ont été réalisées, alors que les besoins sont énormes. A titre indicatif, en 1970, le Maroc ne comptait que  2000 lits répartis sur tout le territoire national, soit à peine 0,8 lit pour 10.000 habitants, alors que les normes internationales recommandent 4,5 lits pour 10.000 habitants. Pour ce qui est des ressources humaines, la situation n’est guère meilleure. Le Maroc compte près de 300 psychiatres pour une population de plus de 30 millions d’habitants, soit un praticien pour 100.000 habitants. Avec  ces insuffisances figurent aussi les disparités géographiques qui restent très importantes. Selon des statistiques officielles datant de 2002, 1.396 lits, soit 72.2%, sont localisés dans sept provinces ou chefs-lieux de régions et 47% des provinces ne disposent d’aucune structure psychiatrique. Les centres de psychiatrie sont concentrés dans les villes de Casablanca, Rabat et Marrakech.

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