Un rapport accablant pour les arabes

“La crise de développement au sein du monde arabe a atteint une telle ampleur et un tel degré de complexité que toute réforme nécessaire à une « renaissance humaine dans la région » devra s’étendre à « tous les aspects des sociétés arabes », indique le rapport sur le développement humain dans le monde arabe. Le rapport souligne aussi les conséquences négatives de l’occupation étrangère en territoire palestinien et en Irak sur le développement des populations.
Ce rapport est le troisième dans une série de quatre rapports étudiant l’évolution du monde arabe. Le premier, publié en 2002, a identifié les principaux défis en matière de développement dans les 22 pays du monde arabe. Les déficiences relevées sont à inscrire sur le plan de la connaissance, les libertés, la bonne gouvernance et l’autonomisation des femmes. Le second, publié en 2003, est venu compléter le premier en insistant sur les efforts à faire pour accélérer la cadence en matière de connaissance. Pour ses auteurs qui sont un groupe indépendant d’intellectuels et d’experts arabes, il faut initier des investissements massifs dans l’éducation et la recherche et se mettre en interaction avec les autres nations. Le troisième rapport actuel met l’accent sur le renforcement des libertés afin de parvenir à une bonne gouvernance. Selon le document, sur les trois dernières années, les efforts de réforme politique ne sont pas encore satisfaisants. Le rapport stipule que « les réformes restent pour la plupart embryonnaires et fragmentées ». Dans ce sens, il recommande vivement une accélération de la réforme démocratique, préconise la création de nouvelles institutions régionales des droits de l’Homme et insiste sur la mise en place d’un système judiciaire indépendant.
Le rapport dresse le constat clairement : « Il ne fait pas de doute que la principale raison de l’échec de la démocratisation dans de nombreux pays arabes n’est pas due à la culture mais à un ensemble de structures sociales, politiques et économiques qui ont veillé à éliminer ou empêcher l’émergence de forces sociales et politiques réglementées, capables d’exploiter la crise des régimes autoritaires et totalitaires, ce qui a dépourvu le mouvement démocratique d’une réelle force d’impulsion». Pour les auteurs du rapport, le retard de la relance démocratique dans les pays arabes s’explique par la rigidité et la complexité de leurs systèmes de gouvernance. Par ailleurs, ces derniers « mettent en garde les gouvernements arabes contre des soulèvements populaires et chaotiques ». En effet, si la situation répressive devait perdurer, cela conduirait fatalement à des conflits sociaux, des mouvements violents de protestations et des troubles internes. 
Le document ne laisse pas en reste le domaine des droits économiques et sociaux. Partant d’un constat relatif à 15 pays arabes, il fait remarquer que  « 32 millions d’individus souffrent de malnutrition, soit près de 12% du total des habitants de ces pays. Au cours des années 1990, le nombre total d’individus souffrant de malnutrition dans le monde arabe a augmenté de plus de 6 millions, les résultats les plus mauvais ayant été enregistrés en Somalie et en Irak ».
Le rapport montre enfin que les pressions internationales en faveur d’un changement politique ont pu pousser certains pays arabes à marquer des évolutions conséquentes. C’est le cas notamment au Maroc, à Bahreïn, en Arabie saoudite et en palestine.

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